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A Paris des biberons sans BPA

Les 430 crèches de la Ville de Paris s’apprêtent à abandonner les biberons contenant du bisphénol A (BPA). Cette décision, prise au nom du principe de précaution, est unique en France. Alors que la Canada vient d’interdire le BPA et que les Etats-Unis s’apprêtent à le faire, la ministre de la santé s’est récemment prononcée contre tout changement de législation dans ce domaine.

90% des biberons commercialisés en France contiennent du BPA. Cela n’empêche pas la mairie de Paris de changer le parc de biberons (35 000 récipients) des crèches. Par quoi les remplacer ? A la municipalité, on l’ignore encore, mais on sait d’ores et déjà que stocker les produits alimentaires dans du verre, de la céramique ou dans des contenants à base d’acier inoxydable, s’avère plus sûr que dans du plastique (si les codes de recyclage sur les étiquettes des contenants en plastique, des cannettes ou des boîtes de conserve portent les n° 3, n°6 ou n°7, il est déconseillé de les acheter).

Selon le Réseau environnement Santé, créé le 3 mars dernier et qui est à l’origine de la campagne pour l’interdiction du BPA, le bisphénol A agit comme un perturbateur endocrinien et est impliqué dans des affections aussi variées que les problèmes de reproduction, l’obésité, les cancers du sein et de la prostate, le diabète, les dysfonctionnements thyroïdiens et les problèmes d’attention chez les enfants.
 
A terme, souligne Libération, « des risques de développement de cancers et de troubles de la reproduction » sont à craindre. Environnement Santé souligne qu’on trouve du BPA dans les biberons, le petit électro-ménager de cuisine, les récipients plastiques pour micro-onde, les bouteilles d’eau réutilisables, le revêtement des boîtes de conserve et des cannettes.

« On sait bien que les pouvoirs publics sont toujours trop lents à réagir en matière de santé publique. Cela fait plus de deux mois que nos services étudient ce dossier et il existe assez d’études scientifiques qui indiquent un risque potentiel pour ne pas attendre des morts ! » explique Denis Baupin, adjoint au maire de Paris pour l’environnement à Libération.

« Sur les 671 études menées sur la toxicité du BPA, précise à la même source André Cicolella, toxicologue, et porte-parole du Réseau environnement santé (RES), une grande majorité conclut que la substance est impliquée dans des affections comme le cancer, l’atteinte de la reproduction, les troubles du comportement, le diabète ou encore l’obésité ».

En Europe, aucune décision n’est encore prise par rapport à ce produit, mais le Réseau environnement santé, qui compte des scientifiques, des ONG de défense de l’environnement et des associations de malades, compte évidemment peser sur le débat et lutter contre l’influence des lobbies industriels. Il vient de lancer sur le net une pétition dans ce sens.

Aux Etats-Unis, les associations de consommateurs ont fait peser la balance et incité les parlementaires à déposer une loi qui n’interdit pas la fabrication de récipients alimentaires avec du BPA, mais sa commercialisation sur le sol américain.

l’Autorité européenne de sécurité des aliments concluait en novembre dernier que l’exposition des nourrissons au Bisphénol A était largement inférieure à la dose journalière tolérable et proposait même de multiplier par 5 la dose acceptable ».

Des indications que semble reprendre à son compte Roselyne Bachelot pour qui « le principe de précaution ne s’applique qu’en l’absence d’études fiables ». C’est en substance ce qu’elle vient de répondre au député Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde qui l’interpellait sur une éventuelle application du principe de précaution concernant le BPA.

Sans attendre, la Ville de Paris a donc décidé de stopper l’achat de biberons fabriqués avec le produit incriminé. Au Monde, Jean-Marie Le Guen, député PS et adjoint à la santé de la Mairie de Paris a déclaré « Nous avons pris la décision de n’acheter que des biberons sans BPA, au nom du principe de précaution ».


 

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Babar

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