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Alli, efficacité modeste et vrais effets indésirables

88% de Français ayant entendu parler de la pilule anti-obésité alli sont conscients que le médicament peut provoquer des effets indésirables. 87% des personnes interrogées savent également qu’alli n’est pas efficace s’il n’est pas accompagné d’un régime alimentaire adapté et d’une activité physique régulière. C’est le résultat d’une étude alli/Ifop publiée le 4 mai et réalisée pour GlaxoSmithKline à l’occasion du premier anniversaire d’alli qui se place désormais à la sixième place du classement de l’automédication en France.

L’étude a été menée entre le 7 et le 9 avril 2010 auprès d’un échantillon de 1.004 Français de 18 ans et plus. Les résultats indiquent que plus de 40% des Français ont déjà entendu parler de la pilule anti-obésité alli.
 
Les femmes sont 54% à connaître son existence, tandis que les hommes ne sont que 33%. Cette pilule serait plus appréciée par les moins de 35 ans (52%) que par les Français de plus de 35 ans.
 
Détail important : les personnes sachant calculer leur indice de masse corporelle (IMC) connaissent mieux alli (56%) que celles qui n’ont jamais entendu parler de cet indicateur (7%).
 
Enfin, remarque le Parisien, parmi les personnes qui ont déjà entendu parler de la pilule anti-obésité, plus de 80% savent que le médicament peut s’obtenir sans ordonnance et plus de 50% sont conscients qu’alli n’a aucune action locale sur les graisses et qu’il n’agit pas sur le cerveau.

Pour 88% des personnes qui ont entendu parler de la pilule le médicament peut provoquer des effets indésirables. La pilule anti-obésité empêche l’absorption par l’organisme de 25% du total des graisses alimentaires consommées et peut par conséquent provoquer des diarrhées graisseuses. Par ailleurs, le traitement ne peut pas être suivi plus de six mois.

Il y a un an alli débarquait dans les pharmacies françaises. Le principe de cette « pilule miracle » est d’empêcher l’absorption d’un quart des graisses ingérées au cours d’un repas. Associée à un régime hypocalorique et pauvre en graisses, elle permettrait de perdre 50 % de poids de plus qu’avec un régime seul.
 
Il y a un an, les professionnels de santé et les associations comme Allegro fortissimo s’inquiétaient que l’on puisse acheter cette pilule sans ordonnance. Depuis sa mise en vente jusqu’au mois de décembre 2009, environ 543.000 boîtes ont été vendues.

Au début de l’année 2009 la Commission européenne donne son accord au laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) pour la commercialisation d’alli.
 
Elle est en vente dès mercredi dans les pharmacies sans ordonnance. En janvier 2009, dans une lettre adressée à la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, l’association Allegro fortissimo s’inquiétait « de cette libéralisation » et percevait « dans l’autorisation de ce médicament en vente libre un réel danger touchant aux mesures "sauvages" utilisées par un grand nombre de personnes pour maigrir même quand leur surpoids n’est pas pathologique, un mirage pour les personnes en obésité et des conséquences non négligeables sur la santé des patients consommateurs de cette spécialité. »

Le sondage publié par alli/Ifop indique que pour 83% des personnes interrogées le surpoids est un handicap important dans le choix de leur tenue vestimentaire, et plus de 70% considèrent que c’est un handicap dans la recherche d’emploi, mais aussi dans la vie sentimentale et sexuelle.

Martine Frey, directrice marketing de GSK, expliquait alors qu’il s’agissait d’« une nouvelle option dans la lutte contre l’obésité offerte à tous ceux, et ils sont nombreux, qui ne souhaitent pas consulter un médecin ».
 
Certes, mais les personnes en surcharge pondérale ne devraient-elles pas d’abord « consulter un médecin ou un nutritionniste » avant de choisir l’auto-médication, qui dans ce cas peu s’avérer néfaste…

Arnaud Basdevant, professeur de nutrition à l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI) et responsable du pôle d’endocrinologie de la Pitié-Salpêtrière doutait également des qualités d’alli : « Faire croire que cette pilule va révolutionner la vie des personnes obèses, c’est se moquer du monde », expliquait-il en substance.
 

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