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Alzheimer, un défi social et individuel

 

Deux raisons expliquent les émotions déclenchées par l’information sur cette maladie : la forte augmentation du nombre de personnes atteintes, et son caractère particulier, qui affecte la conscience au point que je devient un autre, ce qui conduit à percevoir l’affection comme une métamorphose tragique.

Les chiffres révèlent une situation grave : dans le monde, 24,3 millions de personnes sont atteintes, et on estime qu’en 2020, ce nombre atteindra 42,3 millions. Les femmes sont sensiblement plus touchées que les hommes (2/3-1/3).

Au Canada, aux 435 000 patients actuels s’ajouteront 111 560 cas nouveaux par an d’ici 2011. Près de 25 % des Canadiens ont un membre de leur famille atteint de la maladie d’Alzheimer.

En France, 860 000 personnes sont affectées. Selon les prévisions de l’Insee, avec 225 000 nouveaux cas par an, près de 1,3 million de personnes seront atteintes d’ici à 2020, soit un Français de plus 65 ans sur quatre. (La proportion de personnes de 65 ans et plus, qui était de 16,5 % en 2004, passera à 21 % en 2020 et 28 % en 2040 ; pour les 75 ans et plus, les chiffres sont encore plus impressionnants puisque ces proportions devraient passer respectivement de 8,0 % à 9,6 % et 16,1 %.http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i2454.asp#P621_95947

Cette maladie affecte toute la personne, conscience, émotions comportements. Des cellules du cerveau disparaissent, sont remplacées par des plaques, des écheveaux se développent et étouffent des cellules saines. Le cerveau peut être affecté dans les zones pariétale, frontale, occipitale... Des signes précurseurs ont été identifiés, mais le diagnostic reste affaire de spécialiste.

Depuis les travaux du psychiatre Aloïs Alzheimer à l’Hôpital de Frankfort, au tout début du XXe siècle, la connaissance de la maladie a progressé, et les efforts actuels de la recherche médicale croissent de manière exponentielle. Des vaccins sont en cours de développement, des médicaments susceptibles de bloquer la dégénérescence des cellules ou de stimuler les neurones sont testés.

On a aussi observé que le déclenchement retardé de la maladie aurait une incidence importante sur la personne atteinte (un retard de cinq ans dans l’apparition de la maladie pourrait se traduire par une diminution de 50 % des cas de maladie d’Alzheimer, un retard de dix ans pourrait faire disparaître la maladie). Alors, partant de l’identification des conditions favorables pour limiter le risque d’être affecté, on répète aujourd’hui l’importance d’être actif, de solliciter le corps par le sport et l’esprit par la sollicitation de la mémoire, l’évocation du passé, l’empathie... On redit l’importance de bien s’alimenter.

Quelle image de la société ce tableau pathologique nous renvoie-t-il ? Une société dans laquelle on vit plus vieux qu’avant, avec une augmentation de l’espérance de vie corrélée à une maladie qui revient à « être mais ne pas être », un mode de vie dominant qui génère ou aggrave des pathologies. Il n’y a pas à ce jour de « médicament » qui empêche ou soigne la maladie. Pour autant, les recommandations médicales sur l’hygiène de vie (manger sainement, pratiquer des activités physiques...), sur l’équilibre socio-affectif, sur l’entretien de la pensée et de la mémoire sont tout à fait sérieuses. Peut-être l’augmentation de la durée de la vie n’explique-t-elle pas à elle seule la progression très importante du nombre de personnes affectées par la maladie d’Alzheimer ? Mais comment ce discours médical est-il entendu dans les sociétés occidentales ?


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