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Après la sécurité, Ségolène Royal se tourne vers les 35 heures

Un nouveau pavé dans la mare, après l’encadrement militaire des mineurs délinquants. En effet, Ségolène Royal, la probable candidate à l’investiture socialiste pour la présidentielle de 2007, estime que la réduction du temps de travail a dégradé la situation des plus fragiles.

Ségolène Royal tire un bilan "mitigé" des 35 heures qui ont entraîné, selon elle, "une dégradation de la situation des plus fragiles, notamment les femmes ayant des emplois peu qualifiés". Dans le deuxième chapitre de son livre disponible sur Internet, intitulé "Les désordres de l’emploi et du travail", elle précise que la mise en place des 35 heures par le gouvernement Jospin a eu pour contrepartie "un spectaculaire assouplissement du droit du travail" et "une flexibilité accrue" : "Leur contrepartie fut un spectaculaire assouplissement du droit du travail (à condition que des accords négociés l’encadrent) et une flexibilité accrue". Résultat : "La proportion des salariés en horaires flexibles est passée de 10% à 40%, soit plus que les salariés américains."

Elle cite aussi l’exemple du groupe de pneumatiques Michelin, où "les cadres ont bénéficié de jours de congé supplémentaires et les ouvriers sont venus travailler le samedi". La semaine de 35 heures a ainsi abouti, selon elle, à un résultat "non voulu" : "Une dégradation de la situation des plus fragiles, notamment les femmes ayant des emplois peu qualifiés, pour lesquelles la flexibilité s’est traduite par un empiètement accru sur leur vie personnelle et familiale, alors que les femmes cadres y ont trouvé, elles, des jours de respiration bienvenus."

Sur l’exemple américain, Ségolène Royal écrit : « Une mobilisation très dynamique du syndicat AFL-CIO, sous l’impulsion de sa nouvelle direction, s’est appuyée sur les ressources d’Internet et sur une loi votée sous la présidence Clinton, qui oblige les administrations à rendre publics tous leurs documents non confidentiels, y compris les rapports détaillés des inspecteurs du travail. Le syndicat a ainsi pu publier des listes noires nominatives des entreprises ayant fait l’objet d’avertissements. Il a offert aux salariés un espace internautique de témoignages et de mutualisation de leurs expériences. Il a pu construire un rapport de forces qui a pesé.

En quelques années, les accidents et maladies du travail ont été réduits de plus du tiers dans le secteur privé. La satisfaction au travail a augmenté. Les questions de santé et de sécurité ont été davantage intégrées aux investissements, les configurations de travail nocives ont souvent été revues et, au bout du compte, la productivité s’en est trouvée améliorée. »

Déjà, mercredi dernier, ses propositions en matière de sécurité, lancées lors d’une réunion publique à Bondy (Seine-Saint-Denis) avaient fait bondir les principaux responsables du PS. La présidente de la région Poitou-Charentes a plaidé pour « des systèmes d’encadrement à dimension militaire destinés aux jeunes à partir du premier acte de délinquance », ou encore pour des mesures de « mise sous tutelle des allocations familiales » pour les parents peu soucieux de l’éducation de leurs enfants.

Le chapitre du livre de Ségolène Royal qui traite des 35 heures : les 35 heures : un gain inégalement partagé de bien-être au travail


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