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Ben Barka, une affaire dans l’affaire

42 ans après les faits, on ne sait toujours pas dans quelles circonstances est mort Mehdi Ben Barka. Un téléfilm, réalisé par Jean-Pierre Sinapi, dont la deuxième et dernière partie est diffusée ce soir sur France 2, revient sur l’histoire du leader marocain panafricaniste et tiers-mondiste, non sans susciter quelques polémiques.

"L’affaire Ben Barka n’a jamais été élucidée. Cette œuvre est le regard personnel des auteurs et du réalisateur. De ce fait, l’hypothèse développée sur la disparition du leader marocain relève de la fiction, même si elle s’appuie sur des faits historiques", lira-t-on encore ce soir en préambule au téléfilm de Jean-Pierre Sinapi.

Si l’on peut émettre un reproche à ce téléfilm diffusé encore ce soir sur France 2, ce n’est certainement pas celui de vouloir abrutir les foules. La médiocrité télévisuelle est telle que la programmation en prime time sur une chaîne publique d’un film de cette qualité, parfaitement interprété par des acteurs de premier plan (Atmen Khelif, épatant dans le rôle-titre, Olivier Gourmet, etc.), est une excellente surprise.
Mais la complexité de l’affaire et du contexte dans lequel elle se déroule est telle qu’on peut se demander à qui cette oeuvre peut s’adresser : pas aux plus jeunes à qui il manque des clés, pas aux personnes informées à qui il n’apportera rien de nouveau. "Ce docu-fiction, rappelle L’Express, déjà déprogrammé en octobre dernier, développe une ’hypothèse sur la disparition du leader marocain’ qui relève de la fiction, même si elle s’appuie sur des faits historiques".

Le problème des docu-fictions, c’est, comme leur nom l’indique, le mélange des genres. On ne sait pas très bien où finit le documentaire et où commence la fiction. Dans le cas de L’Affaire Ben Barka, outre un survol du contexte historique (impossible d’entrer dans le détail de la décolonisation, des guerres ou des connivences entre les services secrets américains, marocains, français, du tiers-mondisme, etc.), on reproche principalement au réalisateur et aux scénaristes Jacques Labib et Philippe Madral de s’être basés sur des écrits tendancieux, ceux en l’occurrence d’Ahmed Boukhari, ancien agent de services secrets marocains qui écrivait dans son livre (Le Secret, Michel Lafon) que Ben Barka aurait fini dissous dans une cuve d’acide.

Ce qui fait dire à Bachir Ben Barka, fils de Mehdi Ben Barka et président de l’Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire vivante : « accepterait-on qu’une fiction sur la fin tragique de Jean Moulin soit principalement basée sur un scénario inspiré par un ancien de la Milice lyonnaise ? »

Ce qu’accrédite donc le film qui, par la même occasion, discrédite le roi Hassan 2. Dans L’Affaire Ben Barka, en effet, le roi est étrangement absent, comme s’il n’était pas concerné...

Ce ne sont que les principaux reproches adressés à Jean-Pierre Sinapi qui répond à L’Express, à propos de la cuve d’acide, que c’est « une hypothèse crédible doublée d’une métaphore de la "violence ultime", qui renvoie aux pratiques de la mafia sicilienne, auxquelles un cinéaste d’origine italienne ne saurait se montrer insensible ». Et puis, agacé, « Vous êtes stupide, putain ! Vous ne savez pas ce qu’est une fiction ! ».

Une fiction, oui, mais un docu-fiction ?


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Babar

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