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Bon anniversaire, Claude Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss, le plus grand penseur français vivant, le plus célèbre des anthropologues a 100 ans demain. Un anniversaire marqué par de nombreux hommages, notamment au musée parisien du Quai Branly, mais aussi sur Arte et sur France Culture.

« Un jour, prédit le Figaro, peut-être dira-t-on du XXe siècle qu’il fut celui de Lévi-Strauss. Non seulement parce que celui-ci y vécut la quasi-intégralité de sa vie mais surtout parce que son œuvre a changé notre regard sur ceux que nous appelions, il y a seulement quelques décennies, les « sauvages ». Après Montaigne, est-il un penseur qui a plus contribué que lui à comprendre l’humanité avec d’autres lunettes que celles de la seule raison occidentale ? »

 « Méfiant envers les philosophes, malgré sa formation, l’ethnologue et anthropologue Claude Lévi-Strauss fut et reste comme un pionnier du "structuralisme". On peut aussi lui attribuer d’avoir anticipé les questions écologiques, et d’avoir parcouru la planète pour en sonder les mythes...Né en 1908 à Bruxelles, de parents juifs alsaciens, il milite à la SFIO puis devient agrégé de philosophie (1931) puis professeur au Brésil » rappelle France info.

« Claude Lévi-Strauss est nommé professeur au Collège de France, chaire d’anthropologie sociale, en 1959, et occupe ce poste jusqu’à sa retraite en 1982. Il y fonde le laboratoire d’anthropologie sociale et la revue "L’Homme". A cette époque, il publie "Le Totémisme aujourd’hui" (1962), les deux tomes de l’"Anthropologie structurale" (1958 et 1973), "La Pensée sauvage" (1962) et les quatre tomes des "Mythologiques" ("Le Cru et le Cuit", "Du miel aux cendres", "L’Origine des manières de table", et "L’Homme nu"), de 1964 à 1971. Après 1982, il continue de publier de nombreux ouvrages, parmi lesquels "Des symboles et leurs doubles" (1989), et "Regarder Ecouter Lire" (1993) » rappelle La presse canadienne.

Le Nouvel obs a demandé aux « anthropologues Philippe Descola et Françoise Héritier, qui ont travaillé avec lui, Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly, et Bernard Toboul, psychanalyste » sur l’héritage que laisse Claude Lévi-Strauss.

Philippe Descola : « Les autres anthropologues faisaient des généralisations à partir de cas particuliers. Lui est parti de l’idée qu’on ne pouvait pas comprendre les réalités particulières si on ne faisait pas d’hypothèses générales et si, ensuite, on ne tirait pas les conséquences ».

Stéphane Martin : « Je pense d’abord que c’est celui qui a réussi la plus grande synthèse. Il a exploré et mis en relation les mythes avec d’autres systèmes comme la psychanalyse. Il a été un des plus pertinents, et a fait un certain nombre de trouvailles essentielles. Ce qui fait de lui un très grand homme, c’est que c’est non seulement un scientifique mais aussi un homme de littérature. ’Tristes tropiques’ est l’un des plus beaux livres de la littérature. »

Bernard Toboul : « Je n’emploie pas ce genre de catégorie, je ne dis pas ’le plus grand’. Mais s’il l’est, c’est parce qu’il a réorienté la pensée sociologique et anthropologique à partir de la pensée symbologique. Il a donné une nouvelle orientation, qu’on appelle structuraliste. »

Françoise Héritier : « Il a totalement renouvelé nos manières de voir le monde, en y mettant des règles, de l’organisation. Il y avait toujours eu des efforts de synthèse ou de compréhension, comme avec Emile Durkheim ou Marcel Mauss. Mais lui a essayé de donner du sens en étudiant les fonctionnements. C’est un grand innovateur en anthropologie, et le plus grand anthropologue du siècle. »



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