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Bush cloître les Etats-Unis

Le président Bush, persuadé d’ainsi « sécuriser » ses frontières, vient de signer la loi adoptée par La Chambre des représentants et la Sénat tout début octobre, qui finance à hauteur de 1,2 milliard de dollars le début de l’édification de 1200 kilomètres supplémentaires de mur aux frontières avec le Mexique. L’achèvement des travaux est annoncé pour le 31 décembre 2008, pour un coût de sept milliards de dollars. Le président Bush a dû renoncer au programme de mesures d’accompagnement du plan de lutte contre l’immigration clandestine. Le projet prévoit la multiplication du nombre de drones, de radars, de caméras de surveillance infrarouges et de plaques sensibles enfouies dans le sol. Les zones qui devraient être délimitées par ce mur de haute technologie sont une partie de la Californie, la quasi-totalité de la frontière sud de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, et deux tronçons le long du Rio Grande, au Texas. Une portion de 23 kilomètres à Dan Diego a coûté 126 millions de dollars.

Treize ans après l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange commercial nord-américain (Alena), les autorités mexicaines expriment une vive contrariété, Vicente Fox comme Felipe Calderon y voyant non seulement un échec des efforts de négociation mais aussi un danger. Le futur président l’a dénoncé comme une « honte », et a dit lors d’un voyage en Colombie : « Cela ne résout pas le problème et, j’insiste, cela incitera de nombreux Latino-Américains à prendre davantage de risques, ce qui pourrait déboucher sur des décès. »

De fait, malgré le triplement des effectifs de gardes-frontières et l’affectation de six mille soldats de la Garde nationale aux tâches de surveillance, 1,2 million de clandestins sont arrêtés chaque année. Mais ils sont allés plus loin dans les zones désertiques, et d’une douzaine de morts par an on est passé à quatre cents. En outre les passeurs se sont durcis, ont augmenté leurs tarifs (environ 1600 dollars le passage).

La construction va se heurter à de nombreux obstacles, au point que certains doutent qu’elle soit réalisable. Aux obstacles géographiques - des sommets escarpés, des canyons profonds, des cours d’eau rapides - s’ajoutent des difficultés juridiques -traversée de réserves indiennes, zones de préservation de la vie sauvage - et des inquiétudes de propriétaires de ranchs sur l’avenir de leur main-d’œuvre. Le sénateur de l’Arizona, Jim Kolbe, résume :« Ce n’est pas réalisable, c’est juste une déclaration politique avant les élections. » Les élections au Congrès sont proches.

Le 18 juillet 2003, à Mexico, un ministre français prononçait un discours au Musée d’anthropologie, intitulé « Le nouvel esprit de la frontière ». Les auditeurs ont pu entendre :

«  En phase de développement, une civilisation n’a pas besoin de se protéger derrière une barrière ; elle maîtrise les zones voisines par son influence et son rayonnement. »  Et encore : « Ce n’est que lorsqu’elle est en déclin et en perte de créativité qu’une société éprouve le besoin de se barricader derrière un mur [...] Ces barricades ne nourrissent pas une civilisation. Elles concentrent l’énergie sur la peur de l’autre, et non sur les activités créatrices qui seules assurent le rayonnement, l’influence et le renouvellement des sociétés. »

Mur anti-immigrants ou exutoire de la peur ? 


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