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Casse-tête dans les conseils de classe

Voilà bien un arrêté inadéquat : dans le contexte des incivilités et des violences en collèges, le ministre de l’Education a décidé, par arrêté du 10 mai 2006, qu’une « note de vie scolaire » serait attribuée chaque trimestre en conseil de classe, à tout élève « de la sixième à la troisième », y compris dans les établissements techniques et professionnels. Le chef d’établissement, après consultation du professeur principal, porte-parole de ses collègues, et du conseiller principal d’éducation (CPE), fixera une note entre 0 et 20, qui sera affectée d’un coefficient 1 (à égalité avec les notes disciplinaires, c’est-à-dire des matières enseignées) pour le calcul de la note de contrôle continu prise en compte pour le brevet des collèges.

Quels sont les critères ? En premier lieu le « respect du règlement intérieur », puis « la participation de l’élève à la vie de l’établissement et aux activités organisées ou reconnues par l’établissement »
 participation active aux activités du foyer socio-éducatif, de l’association sportive ou de toute autre association ayant son siège dans l’établissement, implication dans des actions santé, prévention, participation active à des actions éducatives à la sécurité routière, tutorat envers de plus jeunes élèves, action envers les personnes âgées ou handicapées, action contre les discriminations, participation à une action de solidarité internationale, action en faveur du développement durable... Enfin les attestations scolaires de sécurité routière et l’attestation de formation aux premiers secours « pourront être prises en compte ».

Quels sont les objectifs déclarés ? Ils sont ambitieux : il s’agit de « donner aux élèves des repères de comportement qui leur permettent de s’intégrer dans la société et d’être, à l’âge adulte, de vrais citoyens. C’est aussi de marquer le lien entre la scolarité, la vie scolaire et la vie sociale. »

Quelle est la méthode préconisée ? Elle apparaît étrangement « positive » : « Il s’agit, par une démarche de valorisation de l’engagement des élèves, d’encourager leur esprit de solidarité, leur civisme et de développer leur autonomie. Cependant, une absence d’engagement ne doit pas pénaliser un élève. C’est pourquoi cette évaluation ne peut être que positive. »

Pour les partenaires des conseils de classe, cette obligation d’évaluation se présente comme un casse-tête : du côté des parents d’élèves,  la PEEP redoute des « critères aléatoires », la FCPE « un risque de double peine, de confusion entre sanction du comportement et évaluation des acquis, de notation arbitraire  ». Les parents demandent comment seront notés les enfants qui souffrent de problèmes de santé chroniques, ceux qui ne fréquentent pas les clubs mais travaillent en étude, ceux qui sont agités et constructifs dans leur participation à la vie collective, etc. Du côté des chefs d’établissement, au nom du syndicat national des chefs d’établissement, Jean-Claude Lafay affirme : «  Le mélange des genres entre une évaluation pédagogique et une évaluation administrative n’est pas bon » ; et comme «  on ne voit pas comment vont s’échelonner les notes entre la note minimale et la note maximale », il indique que certains chefs d’établissement ont déjà décidé de mettre 20 à tout le monde, alors que d’autres ont mis au point des barèmes complexes. 

Au fond, s’agit-il d’évaluer des savoir-être, ou des manières d’être ? Et comment faire la différence entre les élèves perturbateurs, caustiques, aux comportements destructeurs et immoraux, des élèves qui manifestent, par des formes de rébellion, un prometteur esprit critique ?


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