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Charles Taylor, procès d’un bourreau



Triste individu que ce Charles Taylor. Ancien président du Libéria à la fin des années 90, il est accusé d’avoir déstabilisé son pays en organisant une guerre civile qui a duré dix ans et qui a également frappé le pays voisin, la Sierra Leone.
A la fin de ce conflit le Libéria et la Sierra Leone sont sortis littéralement exsangues. Leurs populations traumatisées et les ressources minières, principalement le diamant, dilapidées.

Le procès de l’ex-dictateur sanguinaire libérien a repris hier, lundi 7 janvier à La Haye, aux Pays-Bas. Après six mois d’interruption, le temps, pour Charles Taylor, de préparer sa défense. Aujourd’hui, celui qui amassé une fortune considérable grâce à ses trafics morbides bénéficie de l’aide juridictionnelle... Le jugement devrait être rendu d’ici la fin 2009. En cas d’appel le procès pourrait durer jusqu’en 2010.

Les charges sont tellement énormes contre cet Ubu africain qu’elles en sont presque irréelles. Hélas pour les victimes de viols, d’amputations, de tortures, les crimes ont bel et bien eu lieu. Ces victimes se comptent par centaines de milliers.

C’est l’une des rares fois où un homme politique africain de cette stature doit répondre de ses crimes devant un tribunal international.

« Charles Taylor, rapporte Le Monde, est inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour avoir tenté de chercher à s’emparer des ressources minières, et tout particulièrement ses diamants, de la Sierra Leone pour déstabiliser le gouvernement de Freetown en armant les insurgés du Front révolutionnaire uni. »

Pendant le procès, un film est diffusé dans lequel on peut voir, relate Le Monde, « un mineur de diamants sierra-leonais raconter comment les hommes du Ruf hilares l’ont amputé des mains. Les rebelles ont par la suite incendié sa maison, brûlant vifs sa femme et ses enfants qui s’étaient abrités à l’intérieur ».

Charles Taylor n’en a cure. Il est détendu et n’a rien à se reprocher. D’ailleurs il plaide non coupable. Pourtant sous son « règne », l’horreur seule gouverne le Libéria : « C’est le temps de la magie noire, des grigris, des décapitations, du cannibalisme, des "protections" rituelles pour s’assurer que les balles adverses glisseront sur le corps du combattant », écrit le reporter Jean-Paul Mari.
C’est, peu après, l’époque où l’on mutile n’importe qui, enfants comme adultes, « au coude ou à l’épaule, la célèbre "manche longue-manche courte", et menacent leur victime : "Une larme, une seule, et tu es mort !" » écrit Jean-Paul Mari.

Cependant, à Monrovia, la capitale du Libéria, la famille de Charles Taylor pense que ce dernier est victime d’une conspiration internationale...

Crédit photo : Patrick Robert/Grands reporters


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Babar

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