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Chirurgie esthétique à la demande, un pacte contre nature

 

La chirurgie esthétique « à la demande » est de plus en plus pratiquée, et concerne maintenant aussi des populations jeunes : en Chine, des milliers de jeunes Chinoises aisées se font opérer des jambes : les pieds ne sont plus bandés, ce sont les tibias qui sont coupés, avec pose de broches métalliques et d’écrous, qu’on tourne dans le but d’augmenter la taille de dix centimètres. Elles demandent aussi une transformation plastique des joues, des yeux, des lèvres...  avec l’espoir de remporter le concours lancé en 2005 de « Miss chirurgie esthétique ». Aux Etats-Unis, sur les 7,2 millions d’interventions effectuées sur des femmes en 2003, 220 000 ont concerné des filles de moins de dix-huit ans, essentiellement pour une augmentation de la taille de leurs seins, ce qui représente une augmentation de 80% par rapport à 1996, et de 138 % par rapport à 1994.

La Faculté de médecine de l’Université Laval vient de publier dans l’American Journal of Epidemiology une étude conduite après de 24 600 femmes auxquelles ont été posés des implants mammaires (à l’âge moyen de 32 ans) : le taux de suicide de ces femmes est de 73% plus élevé que dans la population générale. Leur taux de mortalité en revanche est de 26 % plus bas que dans le groupe témoin (les chercheurs expliquent ce résultat par le bon état de santé nécessaire à l’intervention chirurgicale, une position sociale aisée et une incidence réduite du cancer du sein). Cette étude confirme les travaux de l’équipe suédoise qui avait suivi, entre 1965 et 1993, 3521 femmes après une mammoplastie d’augmentation (sans besoin réparateur lié à une maladie ou à un traumatisme). Le taux de décès de ces femmes avait été de 50% supérieur au taux « général », avec trois fois plus de suicides que la moyenne.

Des enquêtes psychologiques sur « les demandeurs de chirurgie esthétique » ont dès leur origine (vers 1940) posé deux questions : y a-t-il des caractéristiques psychologiques communes entre les patients de la chirurgie esthétique ? Eprouvent-ils une satisfaction post-opératoire ? Il apparaît que les femmes qui subissent des chirurgies mammaires de convenance ont un profil psychologique caractérisé par une faible estime personnelle et une tendance marquée à la dépression. Le geste chirurgical est-il pour autant une bonne réponse ? Le Code de déontologie de la médecine oppose à ce désir de domestication du corps, en son article 18 : «  Le médecin doit s’interdire dans les investigations ou les interventions qu’il pratique, comme dans les thérapeutiques qu’il prescrit, de faire courir au malade un risque injustifié. »
La volonté du malade n’est pas considérée comme souveraine, du moins en droit français.


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