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De minuscules particules de verre dans la palette des peintres vénétiens

WASHINGTON (AP)

D’où vient donc cette luminosité sans égale si particulière aux oeuvres du Tintoret et d’autres peintres du la Renaissance à Venise ? Deux expertes américaines pensent avoir découvert certains de leurs secrets : de minuscules particules de verre, et l’art de mélanger à leur pigments des produits empruntés aux autres métiers d’art de la Lagune.

Barbara Berrie, conservatrice de la National Gallery of Art de Washington, en a fait le constat à l’aide d’un microscope électronique, dans le cadre d’un travail.

"En recherchant au-delà des limites de leur pratique habituelle et en adaptant les matériaux d’autres métiers à leur peinture", ils ont "créé une palette qui leur a apporté une réputation immédiate et durable d’excellents coloristes", dit-elle.

Louisa Matthew, directrice du département des arts visuels de l’Union College à Schenectady (New York), a découvert dans de vieilles archives vénitiennes la preuve qu’il existait dans la cité des Doges un marché spécifique de teintures et pigments un siècle avant les autres zones d’Europe.

On pensait en effet jusqu’ici que les peintres vénitiens, les verriers de l’île de Murano et les céramiquiers concoctaient leur petite cuisine de couleurs chacun de leur côté, se fournissant en ingrédients auprès des apothicaires.

Mais Louisa Matthew est tombée sur un inventaire de 102 produits dressé en 1534 après la mort d’un commerçant, Domenico de Gardignano, identifié comme "marchand de couleurs".

La chercheuse émet donc l’hypothèse que les clients, maîtres en arts différents, se retrouvaient au même endroit pour acheter leurs colorants, l’occasion pour eux d’échanger idées, techniques et savoirs-faire dans la boutique du sieur Gardignano...

Forte de ces nouvelles informations, Barbara Berrie s’est donc pour sa part penchée de plus près sur les couleurs des peintres vénitiens. Et a notamment découvert de minuscules particules de verre dans deux tableaux de Lorenzo Lotto : sur la robe rouge de Sainte Catherine et sur le manteau rouge orangé de Joseph dans une Nativité. Ce sont ces rouges et orange tout particulièrement qui sont la marque de fabrique des peintres vénitiens de l’époque.

Du verre se trouvait également dans un pigment jaune utilisé par le Tintoret dans son tableau "Jésus sur la mer de Galilée".

C’est donc ainsi que les Vénitiens innovaient et enrichissaient cette palette si particulière, en incorporant à leurs couleurs des éléments à l’origine non destinés à la peinture à l’huile, provenant des autres arts ou artisanats qu’ils côtoyaient... Outre le verre, ils avaient également recours à l’émail et à d’autres colorants propres aux métiers vénitiens du verre et de la majolique.

"Ils m’ont aussi donné une leçon : toujours tenter d’aller au-delà des frontières de ce que je connais et crois être vrai", réfléchit Barbara Berrie. "C’est nous jouer un bon tour, le fait qu’un artiste d’autrefois enseigne quelque chose à un scientifique d’aujourd’hui..." AP


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