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De plus en plus critiqué, Bush retourne en Louisiane

METAIRIE, Louisiane (AP)

Une semaine après le passage de l’ouragan Katrina, le président américain George W. Bush, de plus en plus critiqué pour sa réaction tardive après le drame, est retourné lundi et promettre un « immense effort » à une Louisiane dévastée dont les habitants ont été autorisés à rentrer chez eux pour de brèves inspections de leurs biens.

Le président n’a pas passé une journée sans participer à un événement public destiné au cyclone et à ses conséquences. Mais aucun de ses déplacements, ni les apparitions de sa garde rapprochée, n’ont calmé les critiques. Il avait notamment attendu deux jours pour interrompre ses vacances dans son ranch du Texas et retourner à Washington.

Le bilan des victimes de Katrina n’est pas encore connu, mais les autorités locales et fédérales ont avancé un possible bilan final de plusieurs milliers de morts. Sur NBC lundi, le maire de la Nouvelle-Orléans, Ray Nagin a franchi une nouvelle étape, en estimant qu’« il ne serait pas déraisonnable d’atteindre 10.000 » morts.

En fin de matinée, l’avion présidentiel s’est posé à l’aéroport de Baton Rouge, capitale de la Louisiane, à peu près épargnée par Katrina, pourtant située à seulement 130km au nord-ouest de la Nouvelle-Orléans. Le chef de la Maison Blanche, qui avait prévu de prononcer un discours au Maryland à l’occasion de la Fête du travail, a remplacé ce déplacement par une nouvelle visite des zones sinistrées.

Dès son arrivée, George W. Bush s’est rendu dans un centre accueillant des réfugiés, où il a passé environ une heure. Plusieurs rescapés ont accouru vers lui alors qu’il déambulait dans le bâtiment en compagnie de son épouse Laura, à bonne distance de la gouverneur démocrate Kathleen Blanco.

D’autres étaient plus réticents. « Je ne m’intéresse pas aux poignées de main. Je ne m’intéresse pas aux photos arrangées (...) J’ai besoin de réponses », lançait Mildred Brown, réfugiée ici avec son mari, sa belle-mère et un cousin depuis mardi.

« Tous les échelons du gouvernement font du mieux qu’ils peuvent », a déclaré le président aux journalistes. « Tant qu’il y a des vies en danger, nous avons du travail. Là où cela ne va pas, nous promettons d’arranger les choses », a-t-il ajouté. Le président devait ensuite se rendre à Poplarville, ville dévastée du Mississippi, située à 70km à l’intérieur des terres, pour y rencontrer les autorités locales.

Preuve de la mobilisation générale, les anciens présidents George Bush père et Bill Clinton ont lancé pour leur part à Houston, Texas un fonds d’aide aux victimes, semblable à celui qu’ils avaient mis sur pied après le tsunami du 26 décembre en Asie. Interrogé sur la polémique autour de la réaction tardive du gouvernement, Bill Clinton a affirmé que la priorité était pour l’instant d’aider les réfugiés. « Je pense qu’il doit y avoir une analyse de ce qui s’est passé. On pourra la faire dans quelque temps ».

Russ Knocke, porte-parole du Département de la Sécurité intérieure, a déclaré que le nombre de personnes sauvées atteignait 22.800 et qu’au moins 155.000 personnes avaient été évacuées des zones sinistrées vers quelque 560 abris dans plusieurs Etats. Au moins 60.000 personnes, civiles ou militaires, se chargent de porter l’assistance aux victimes.

Pendant ce temps, près de la Nouvelle-Orléans, les habitants de Jefferson Parish ont été autorisés à rentrer chez eux, pour douze heures uniquement. Un répit destiné à leur permettre d’inspecter leur domicile et de récupérer des affaires personnelles, avant de repartir. Aaron Broussard les avait prévenus de ce qui les attendait sur place : panneaux de signalisation détruits, magasins fermés, couvre-feu... Et avait conseillé aux femmes de ne pas venir seules.

Jack Rabito, 61 ans, propriétaire d’un bar-restaurant, n’était pas assuré contre les inondations pour sa maison achetée en 1965. « Je n’arriverai pas à y entrer aujourd’hui, à moins d’avoir un scaphandre », a-t-il confié en attendant le bateau qui devait l’emmener jusque chez lui. Jefferson Parish avait été fermé après un ordre d’évacuation obligatoire, juste avant le passage de Katrina. Selon les autorités, des milliers de maisons ont été endommagées. Dans certains cas, l’eau arrive jusqu’au toit.

Les autorités de Louisiane ont annoncé lundi après-midi qu’une énorme brèche dans le canal de la-17e-rue, qui mène au lac Ponchartrain, avait été colmatée grâce à un ballet d’hélicoptères qui ont largué des sacs de sable de 13,5 tonnes. L’eau peut désormais ainsi être pompée et transférée dans le lac, permettant le début de la descente du niveau d’eau. AP


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