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Débat, ou suite d’apartés ?

En direct, ce soir, à partir de 20h35, trois candidats à la candidature se tiendront derrière des pupitres en bois clair, dont la disposition même a été l’objet de négociations... Le terme « débat » est-il tout à fait approprié ? Les trois, après avoir présenté brièvement les motivations de leur candidature, répondront aux questions de deux journalistes, Emilie Aubry, pour LCP-Assemblée nationale, et Emmanuel Kessler, pour Public Sénat, « tirées au sort » parmi les questions formulées par des militants du Parti socialiste, et sélectionnées par le comité d’organisation des débats du PS, qui a mis au point une « charte du débat interne »,  le thème étant ce soir les sujets économiques et sociaux.

Il y a ce qui relève d’une organisation méthodique et rigoureuse d’un débat : tirage au sort de la place occupée, distribution et minutage du temps de parole (cinq minutes d’introduction et de conclusion, trente minutes d’exposés, 3mn15 maximum par réponse, animation à la charge de journalistes, appel à éviter toute invective). Et par ailleurs, certaines des conditions négociées font réfléchir à la nature de la situation de communication entre ces trois personnes qui se connaissent depuis de nombreuses années : ils s’adresseront aux journalistes, aux caméras, mais ne se parleront pas... L’équivalent au théâtre serait l’aparté : un personnage s’adresse au public alors qu’il n’est pas seul sur scène mais il est convenu que les autres personnages sur scène ne l’entendent pas, ne lui parlent pas. Il n’y a alors pas dialogue.

Pourquoi de telles conditions ? Pourquoi, pour les trois débats régionaux qui complèteront les trois débats télévisés, a-t-il été convenu cette fois qu’un autre destinataire serait écarté, le peuple non présent physiquement, radios et télévisions étant exclues, selon ce qu’a indiqué Stéphane le Foll, directeur de cabinet de François Hollande ? Un débat en direct est toujours périlleux pour les interlocuteurs. Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ont fait savoir qu’ils étaient fortement demandeurs d’une confrontation des idées. Ségolène Royal a émis des réserves sur l’utilité de cette forme de discours, en déclarant ne pas vouloir « s’y assujettir », le terme suffisant à montrer que la situation lui est imposée, et en dépréciant a priori les contenus des exposés des uns et des autres : « Je ne veux pas tomber dans les polémiques subalternes ». Il faudra que les candidats mobilisent tout leur talent oratoire pour animer, chacun à son tour, les exposés qu’ils feront, en aparté, dans une situation artificielle. A moins que la nature ne reprenne le dessus, et que les trois, familiers les uns des autres et militants d’un même parti, ne se parlent.

Les deux autres débats télévisés devraient avoir lieu le 24 octobre, sur l’environnement, et le 7 novembre, sur l’Europe et la politique internationale. Les débats en « live » sont fixés pour le 19 octobre, à Clermont-Ferrand, le 26 octobre à Paris et le 9 novembre à Toulouse.


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