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Désormais Taser admet des risques cardiaques

Dans un communiqué daté du 12 octobre, la compagnie basée en Arizona affirme que tirer dans la poitrine d’un suspect avec le pistolet à impulsions électroniques peut présenter un "risque cardiaque négatif". Taser international qualifie ce risque de proportionnellement très faible mais recommande aux forces de l’ordre américaines d’utiliser l’arme avec discernement. Le Taser produit une décharge de 50.000 volts qui, outre la violence du choc, neutralise le système musculaire d’un suspect en le paralysant. Depuis 2001 350 personnes sont mortes aux États-Unis après avoir reçu une décharge de cette arme. 14.200 groupements de forces de l’ordre dans le monde, dont au moins 12.000 aux Etats-Unis l’utilisent. En France, où l’utilisation du Taser est controversée, le débat est relancé.

L’annonce de Taser international arrive après trois décès causés cette année par ses pistolets paralysants. La société ne précise pas que cette arme provoque un arrêt cardiaque à coup sûr, mais qu’il y a un risque. Elle recommande face à un suspect de tirer dans le bas du torse. Pour Steve Tuttle, porte-parole de la compagnie, « il n’y a aucun changement important ».
 
Mais aux Etats-Unis des politiques et des militants pour les droits civiques n’arrivent pas aux mêmes conclusions. Pour eux, le changement est énorme. Pierre Bibring, notamment, avocat de l’American Civil Liberties Union of Southern California, rappelle que jusqu’à présent pour le fabriquant d’arme le risque de décès cardiaques était de zéro : « Cela représente un changement important. Je pense que les services de répression doivent réévaluer l’utilisation des pistolets paralysants et demander si Taser International a sous-évalué le risque ».

Aux Etats-Unis où le Taser est massivement utilisé, on déplore, rien qu’en 2009, trois morts en avril, août et septembre. L’un de ces décès est directement lié à un arrêt cardiaque ont conclu les médecins légistes.
 
En 2007, au Canada Robert Dziekanski, un Polonais de 40 ans, avait été électrocuté avec un Taser par des policiers de la Gendarmerie Royale du Canada.Un film tourné par Paul Pritchard un résident de Victoria, a été donné aux médias par l`avocat de la mère de la victime afin que le public voit la brutalité de la police canadienne.
 
Aux Etats-Unis, le 17 septembre 2007, lors d’une conférence donnée en Floride par l’ancien candidat à la présidentielle américaine John Kerry, un étudiant a été arrêté et brutalisé par la police universitaire. Andrew Meyer, c’est son nom, demandait avec une impertinence certaine si John Kerry avait lu un ouvrage annonçant sa victoire aux élections remportées finalement par Bush.

Toujours aux Etats-Unis, en juin 2009, une femme de 70 ans a été victime d’un agent de police alors qu’en mai de la même année un pasteur avait été violemment agressé à coups de décharges électriques.
 
Certes, les pistolets paralysants sont considérées comme étant une option moins meurtrière que les matraques ou les armes à feu. Cependant Amnesty International appelle à un contrôle plus stricte de leur utilisation.

Contrairement a ce qu’affirmait récemment le ministre de l’industrie et maire de Nice Christian Estrosi, le pistolet à impulsions électriques blesse. Il peut même tuer. « Le fait que la société Taser elle-même reconnaisse qu’il y a un risque même minime, je ne sais pas si c’est une bonne ou mauvaise nouvelle, c’est plutôt les deux à la fois » a souligné Olivier Besancenot à l’antenne d’Europe 1. Le leader du NPA avait été assigné en justice en 2008 parce qu’il avait affirmé la dangerosité de l’arme.

Dans Libération, Leïla Le Boucher Bouache, responsable de la commission « Matériel de sécurité et de police » à Amnesty International France estime que « Taser a été obligée de modifier sa stratégie de communication car elle était prise au piège ». Aux Etats-Unis, selon cette dernière, l’annonce du fabriquant pourrait faire passer l’arme de la sixième catégorie (armes non-létales) à la quatrième (armes létales). Par conséquent le Taser ne pourrait être utilisé que lors d’opérations spécifiques.
 
En France les forces de l’ordre peuvent s’en servir en cas de « légitime défense » et en « état de nécessité ». Un concept « très flou », souligne la même source, et dénoncé notamment par Amnesty international.
 
Crédit photo : loyalkng

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