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Deux squats parisiens évacués

PARIS (AP)

Deux squats parisiens habités chacun par quelque 70 personnes d’origine africaine, l’un situé rue de la Tombe-Issoire, dans le XIVe arrondissement de la capitale, l’autre rue de la Fraternité, dans le XIXe, ont été évacués par les forces de l’ordre vendredi matin.

Ces opérations sont intervenues trois jours seulement après les déclarations du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, qui avait donné l’instruction de fermer les squats présumés dangereux de la capitale.

Dans un communiqué, la préfecture de police précise que ces deux immeubles étaient « connus des services de sécurité pour comporter des risques à l’occupation » : « Leur occupation avait en outre fait l’objet d’une décision juridictionnelle prescrivant qu’il y soit mis un terme. L’exécution de cette décision de justice a, jusqu’à présent, rencontré une inobservation persistante. »

La préfecture de police dit avoir pris les « dispositions utiles » pour que toutes les personnes évacuées « puissent, en famille, être transportées vers des lieux d’hébergement décents ». Elle ajoute que « cet hébergement a été offert à toutes les personnes sans exception et pour une durée permettant la recherche d’un relogement ».

Des logements leur ont ainsi été proposés pour deux semaines dans trois hôtels en région parisienne. Dans le XIVe, les familles ont accepté mais, dans le XIXe, elles ont refusé, préférant s’installer dans un parc municipal de cet arrondissement en attendant qu’on leur propose « une solution plus stable », a expliqué Christophe Robert, membre de la Fondation Abbé Pierre. Il a ajouté qu’elles cherchaient des tentes pour s’abriter.

L’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Hyacinthe Marcel Kouassi, qui s’est rendu sur place dans le XIVe, a souhaité que les propositions de relogement ne soient pas du « replâtrage ». A ses yeux, il faut « leur trouver par la suite un logement définitif et qui soit décent ».

René Dutrey, président du groupe des Verts à la mairie de Paris, a indiqué pour sa part qu’un tiers des familles sont sans papiers et « n’auront pas de relogement pérenne » après leur expulsion.

Ces expulsés « vont d’abord passer une semaine ou deux dans un hôtel et on va les retrouver dans des bidonvilles (...) dans trois à six mois », a-t-il prédit, dénonçant une opération « qui va seulement repousser dans la clandestinité de nombreuses personnes ».

De son côté, Roger Madec, maire socialiste du XIXe, a dénoncé une « opération misérable » faite dans des locaux qui, selon lui, n’avaient aucun caractère d’insalubrité.

« Les occupants avaient bien aménagé leur logis », a-t-il affirmé, notant qu’il y avait « des extincteurs partout, une deuxième issue de secours qui venait d’être créée et qu’un exercice de secours incendie avait été effectué au cours de la semaine dernière ».

Roger Madec a souligné que sa mairie d’arrondissement était en relation avec la préfecture de police afin de finaliser un plan de relogement qui devrait aboutir fin décembre ou début 2006.

Le maire PS du XIVe arrondissement, Pierre Castagnou, s’est indigné pour sa part « de la brusque décision du ministre de l’Intérieur ayant entraîné l’intervention spectaculaire des forces de l’ordre », « d’autant plus que cette expulsion intervient le jour de la rentrée des classes alors que plusieurs enfants de ces familles s’apprêtaient à rejoindre leur école ». Il s’est interrogé « sur la véritable finalité de cette opération, qui apparaît fortement médiatico-politique ».

Le maire de Paris Bertrand Delanoë a rappelé quant à lui que « l’évacuation d’un immeuble dangereux doit s’accompagner d’une solution alternative immédiate, proposée aux personnes », et il a pris acte des « engagements pris par la préfecture de police » dans ce sens.

Le MRAP a condamné « avec la plus grande énergie ces opérations ’coups de poing’ » et demandé « la libération de tous les sans papiers arrêtés ainsi que le relogement de toutes les familles dans des logements décents ». Il appelait à un rassemblement de protestation vendredi soir devant l’immeuble évacué dans le XIXe.

L’UNSA Education a aussi dénoncé « des opérations qui vont déstabiliser des familles entières sans réponse durable et décente », et s’est élevé « contre une opération électoraliste qui n’a eu aucun égard pour des enfants le jour même de la rentrée scolaire ».

La SOFERIM, propriétaire de l’immeuble de la Tombe-Issoire depuis mars 2003, a affirmé pour sa part qu’elle n’avait cessé de « mettre en garde » les autorités « sur le danger encouru par les habitants de cet immeuble ». « Il faut rappeler que des solutions de relogement avaient été proposées par la SOFERIM et la Conférence Saint-Vincent de Paul et refusées par les squaters qui avaient jugé les emplacements trop éloignés du XIVe », s’est-elle défendue dans un communiqué. AP


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