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Drogues : les adolescents riches consomment

Boire, fumer, se droguer, les nouvelles activités des jeunes ? Et quels jeunes ? On penserait volontiers aux enfants issus des quartiers populaires qui trouveraient l’échappatoire idéale face à leur dénuement. Et pourtant, les jeunes adolescents issus des quartiers aisés parisiens ne sont pas en restes. De quoi abattre de nombreuses idées reçues ! Une étude qui vient d’être réalisée par l’observatoire français des drogues et toxicomanie (OFDT), montre que les adolescents des quartiers chics boivent, fument et se droguent davantage que ceux issus des arrondissements populaires. L’étude a été réalisée auprès de 1 552 Parisiens de 17 ans, il s’agit d’une enquête Escapad (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel à la défense) qui a été menée en 2004.

Les adolescents fragiles et pauvres sont susceptibles de tomber dans les pièges que la vie leur réserve, c’est souvent ce qui est pensé et écrit ; mais l’enquête révèle que des « jeunes résidant dans les quartiers plus favorisés apparaissent plus souvent consommateurs d’alcool, tabac, psychotropes, poppers, cocaïne, voire de cannabis, que ceux des quartiers populaires. »

Une enquête similaire est réalisée à l’échelle nationale lors des journées d’appel et de préparation à la défense (questionnaire anonyme où seul l’arrondissement de résidence était demandé), mais c’est la première fois, qu’une étude de cet acabit est réalisée à l’échelle d’une ville. La plupart des individus interrogés vivent chez leurs parents.

Un des auteurs de l’enquête et du rapport qui a suivi, François Beck explique que « le fait d’habiter dans un environnement va jouer sur les choix de consommation des jeunes ».

L’enquête privilégie un découpage en quatre zones, les lignes de partage sont nord-sud et est-ouest. Les statistiques ont de quoi alarmer : Concernant les cigarettes : un garçon sur quatre de 17 ans fume au moins une cigarette par jour, et en ce qui concerne les filles : trois filles sur dix. Il s’agit de proportion supérieures à la moyenne nationale. 67 % des jeunes déclarent avoir déjà tiré sur une cigarette. 29% fument quotidiennement avec une majorité de filles, autrement dit 31% de filles et 26% de garçons, et 10% consommeraient plus de dix cigarettes par jour. 42% des jeunes fument quand ils se rendent à leur lycée et 9% fument dès le réveil.

François Beck, responsable des enquêtes statistiques à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies pense que Paris n’est pas différente du reste de la France : "Les Parisiens fument beaucoup, mais moins que dans le reste de la France. Avec une dominante de filles à Paris et de garçons sur le reste de la France". L’ouest et le sud sont plus touchés que le nord et l’est de la capitale.

Concernant l’alcool : 15 % des adolescents du Sud-Ouest de Paris expriment en boire régulièrement alors que dans le Nord-Est il s’agit de 7% des adolescents. 86% des individus ont déjà bu un verre, 46% affirment avoir connu l’ivresse. D’aileurs à ce titre, 15% des adolescents interrogés disent avoir connu l’ivresse de manière répétée. Des adolescents qui déclarent en consommer régulièrement, la plupart sont des garçons.

Les statistiques du cannabis illustrent aussi la disparité, mais celle-ci est moins flagrante : 12% des adolescents du Sud-Ouest de Paris expriment en fumer de manière récréative alors que dans le Nord-Est il s’agit de 7% des adolescents. Il faut ici préciser que la question portait sur un usage récréatif, sinon, pour un usage régulier, il semblerait que les adolescents des quartiers populaires fument davantage. Somme toute, 49% avaient déjà fumé un joint, 11% fument régulièrement cannabis pour le plaisir et 4% le fument quotidiennement.

Enfin, concernant les autres drogues et notamment les drogues dures, l’enquête montre qu’elles restent consommées de façon marginale, toutefois de nombreux jeunes parisiens auraient testé le poppers (7%) et les champignons hallucinogènes (4%)les inhalants comme la colle et les solvants (3%), les amphétamines (2%). Les jeunes issus des quartiers aisés s’essaient le plus souvent à l’ecstasy, les statistiques sont de 3%. 2% des jeunes adolescents favorisés consommeraient de la cocaïne. 1% des jeunes issus des quartiers populaires auraient consommé de l’héroïne. Les drogues de type héroïne, GHB, Kétamine ou Subutex sont peu testées.

Alain Lhostis, adjoint au maire de Paris chargé de la santé évoque une situation préoccupante : "Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas plus de consommation à Paris que dans les autres villes. S’il y a une homogénéité du phénomène, certains résultats sont quand même préoccupants puisqu’un tiers des jeunes ont déjà fumé, et la moitié ont fumé du cannabis". Si "beaucoup pensent que la consommation de drogues est plus importante dans le nord-est de la capitale, où les revenus sont plus modestes, le taux de chômage plus important et les situations plus difficiles. Pourtant, c’est le sud-ouest le plus frappé par ces phénomènes d’usage. Sans doute pour des raisons financières", ajoute t-il.

Y’a t-il des remèdes contre ces « expériences » qui sont souvent réalisées durant des soirées ?

Pour François Beck "la majorité des usages de ces drogues est à caractère festif". La prévention devrait donc être réalisée dans ce milieux. Les risques ne sont pas neutres, ils sont importants pour la santé humaine d’adolescents en pleine construction. Les boîtes de nuit doivent être un relais d’information et de prévention pour sensibiliser les jeunes à ces risques.

L’Equipe AgoraVox


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