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Femmes et porno font bon ménage

Tout seul c’est bien. A deux c’est mieux, surtout devant la télé. La maison Marc Dorcel, leader européen de la production de films pornographiques, fête ses trente ans. A cette occasion l’Ifop vient de réaliser l’enquête « Sexe, Media et Société » sur les comportements et pratiques des Français en matière de films X. Inédite, cette étude bat en brèche certaines idées reçues sur la pornographie et démontre que son usage se popularise parmi les couples et n’est plus réservé aux seuls hommes célibataires. Les femmes s’y mettent aussi.

Excitant, ridicule, dégradant, naturel, sain. Tels sont les qualificatifs employés par les sondés pour décrire la façon dont ils perçoivent les films pour adultes. 69 % (ça ne s’invente pas) les trouvent excitants, 59 % les trouvent ridicules, 58 % les jugent dégradant, 26 % les considère comme étant naturel et ils sont sains pour 21% d’entre eux. De toute évidence il y a des hypocrites dans la salle. Car si 17 % de femmes et 3 % d’hommes déclarent n’avoir jamais regardé de films pour adultes, 18% en visionnent au moins un par mois, et 48% de manière occasionnelle. Les moins de 35 ans sont les plus nombreux (43%) à pratiquer le genre.

45% des personnes interrogés expliquent regarder ces films sur les sites gratuits (18% en téléchargent illégalement), 35% sur la chaîne cryptée Canal +, 22% sur un dvd acheté ou prêté par un ami (22% également). La question du support et de la dématérialisation est abordée. Il en ressort que le visionnage des films X ne se déroulent pas forcément à la maison, mais au bureau, par exemple.

Le porno, en désertant les salles spécialisées, qui ont fermé progressivement dans les années 80, en pénétrant dans les foyers et les lieux de travail par le biais de la télé, de la cassette vidéo et du dvd et enfin des sites web, a changé les mentalités. Selon le sondage de l’Ifop, 57% des personnes interrogées ont déjà visionné en couple un film X. 84 % des hommes regardent ces films seuls (le X n’est plus réservé « à une minorité de mâles frustrés »), contre 50 % des femmes. Celles-ci, à 59%, préfèrent les visionner en couple. Pour l’Ifop, en effet, « regarder un film pornographique à deux peut être un facteur stimulant ».

L’arrivée de ce nouveau public féminin entraîne une exigence de qualité quant à la production de ces films, plus léchés et mieux scénarisés. C’est d’ailleurs ce qui fait la marque de fabrique des productions Marc Dorcel.
 
« Peu intéressées par la grosseur des seins (13%) ou la taille du sexe (18%), les femmes réclament d’abord de bons scénarios (55%) et de beaux acteurs (51%). Au fond, la même demande que pour le cinéma normal, souligne le blog les Quotidiennes qui évoque le cas de cette amatrice, abonnée à une chaîne spécialisée, qui « a longtemps cherché un truc pour elle dans le menu. « Teens, asiatiques, en groupe... Il y avait une vingtaine de catégories. Mais rien pour les femmes. Finalement, le porno gay est le seul moyen de voir des beaux mecs. Et j’ai pas mal de copines qui font pareil... ».

Interrogé par 20 minutes, Grégory Dorcel, Directeur Général des films Marc Dorcel, estime que nous sommes « dans un phénomène de société ». Le fils de Marc, qui continue sur la lancée de son père, se dit étonné par cette étude et déclare que le porno « devient un divertissement inscrit dans le couple ». Ce nouveau public féminin, aubaine dans un secteur très concurrentiel, créé pourtant une demande qui on l’a vu n’est pas encore vraiment pris en compte, même si les femmes commencent à passer à la réalisation.

Malgré cette percée féminine, le X reste majoritairement une affaire d’hommes et d’invidus à 28% insatisfaits dans leur vie sexuelle. Enfin, donnée importante, 84% des sondés ne mélangent pas la réalité avec la fiction (81% des moins de 35 ans). Le porno reste du cinéma.

L’enquête a été réalisée en ligne du 30 juin au 2 juillet 2009. Un questionnaire auto-administré en ligne (« pour une plus grande sincérité ») a été adressé à 1016 personnes de 18 ans et plus, représentatifs de la population française, et sélectionnés selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle). L’Ifop explique que dans ce domaine les études « étant rares, voir inexistantes à cette échelle, ce sondage constitue une véritable enquête de référence, qui permet de faire le point sur des usages et des modes de consommation ».
 
Des usages qui ont beaucoup évolué en une décennie. « Le X fait partie désormais des moyens d’activer la libido au sein du couple, en cassant la routine, toutes tranches d’âge et catégories sociales confondues » estime François Kraus, chargé de l’étude à l’Ifop.

 

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Babar

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