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Francis Jeanson, mort d’un intellectuel d’action

 Le porteur de valises les a définitivement posées. Le philosophe et écrivain Francis Jeanson, proche de Sartre, est mort samedi 1er août à l’âge de 87 ans à Arès, près de Bordeaux. Durant la Guerre d’Algérie il avait fondé le réseau Jeanson (les fameux porteurs de valises), le plus important réseau de soutien au FLN en métropole. Jeanson était un intellectuel et un homme d’action.

De l’autre côté de la Méditerranée on n’a pas oublié la figure de Francis Jeanson : « Espérons que l’Algérie d’aujourd’hui pourra se souvenir que des Français se sont battus, se sont exposés et ont mis en jeu leur liberté et parfois leur vie pour l’indépendance de notre pays et une certaine idée de la France » écrit aujourd’hui dans la Liberté l’universitaire Daho Djerbal.

Francis Jeanson est l’auteur d’une trentaine de livres dont quelques essais consacrés à Jean-Paul Sartre qu’il côtoya lorsqu’il était rédacteur aux Temps modernes. A la demande du philosophe, il rédigea une violente critique de l’Homme révolté, d’Albert Camus. « Paru dans la revue les Temps modernes (n° 79, 1952), l’article provoqua la brouille entre Sartre et Camus », rapporte Robert Maggiori dans Libération.

Le grand combat de Jeanson fut l’anti-colonialisme. Le Figaro rappelle qu’il s’était engagé très tôt « aux côtés des combattants algériens, créant un réseau de collecte et de transport de fonds et de faux papiers pour les militants du FLN opérant en France », réseau qui sera démantelé en 1960, date à laquelle, jugé par contumace à 10 ans de prison, il entre en clandestinité. Il sera amnistié en 1966.
L’action caractérise la vie de Jeanson qui, en 1943, à l’âge de 21 ans avait rejoint les Forces françaises d’Afrique du Nord. A la Libération, il entre aux éditions du Seuil. C’est à cette époque qu’il rencontre Jean-Paul Sartre et collabore aux Temps modernes.

« En 1948, rappelle Sud-Ouest, il part faire une série de conférences en Algérie et, là, découvre une situation dont il comprend vite qu’elle est intenable ».
Après son amnistie, André Malraux, ministre de la culture d’alors, lui confiera la direction de la Maison de la culture de Châlon-Sur-Saône, de 1967 à 1971. Il tiendra également son propre rôle dans La Chinoise de Jean-Luc Godard. Mais son dernier grand combat sera consacrée à la psychiatrie ou plutôt à « l’antipsychiatrie » chère à Deleuze et Guattari.

Francis Jeanson est mort, pas son oeuvre, qu’on peut toujours relire.
 

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