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Google en Chinois : quelle logique ?

Google souhaite depuis longtemps percer le marché chinois dans le domaine du moteur de recherche. La chose semble faite : un marché de plus de 100 millions d’internautes s’ouvre à Google. Toutefois, il semblerait que l’accord ait été entériné avec les autorités chinoises moyennant quelques sacrifices concernant la liberté d’information. Google a en effet accepté de ne pas incorporer à son moteurs certains sites considérés comme trop sensibles pour le régime chinois. De nombreuses associations qui soutiennent les droits de l’homme s’indignent et notamment Reporters Sans Frontières

Un marché de 100 millions d’internautes valait-il l’acceptation de ce qui est une censure ? Pour Google, il s’agit d’un premier pas dans l’empire du milieu. La version chinoise du moteur de recherche Google est sans aucun doute une première. Cette réussite en Chine fera sans doute quelques envieux du côté des autres moteurs de recherches. Mais quel est le prix à payer pour pouvoir pénétrer le réseau Internet chinois ? Google a accepté les contraintes de Pékin : tous les sites susceptibles de revenir sur les événements du massacre perpétré sur la place de Tiananmen ne seront pas répertoriés. De la même manière, les sites évoquant l’indépendance Taïwanaise et ceux discutant des droits de l’homme ne seront pas indexés.

Google a justifié le 25 Janvier la sortie de son moteur de recherche en disant qu’ « Afin de travailler à partir de la Chine, nous avons retiré certains contenus des résultats de recherches obtenus sur Google.cn, en application de la législation et de la réglementation locales. [...] Si le retrait de résultats de recherches est contraire à la mission de Google, ne pas fournir d’information est davantage contraire à notre mission ».

Reporters Sans Frontières revient sur les événements : « Le 25 janvier 2006, la société californienne a affirmé son intention de lancer un nouvel outil, Google.cn, pour améliorer le service offert à ses clients chinois. Elle déclare que son nouveau moteur de recherche, hébergé en Chine, sera plus rapide. Elle reconnaît que ce service sera censuré, conformément à la "loi locale", mais explique que, si filtrer l’information va à l’encontre de ses principes, il serait bien pire de ne pas fournir d’information du tout aux internautes chinois. Jusqu’à présent, Google censurait uniquement son outil d’actualité, Google News, excluant les contenus provenant de sites interdits par les autorités. Son moteur de recherche classique, hébergé aux Etats-Unis et accessible à l’adresse www.google.com/intl/zh-CN, n’était pas filtré. Google était ainsi le dernier des grands moteurs de recherche étrangers à n’avoir pas censuré sa version chinoise. Ainsi, Yahoo ! collabore depuis plus de trois ans avec les services de censure locaux. »

Reporters Sans Frontières condamne fermement la sortie de cette version censurée, et déclare que « le lancement de Google.cn marquera un jour noir pour la liberté d’expression en Chine  ». Reporters sans frontières se dit « écoeurée d’apprendre que Google a décidé de lancer en Chine une version censurée de son moteur de recherche. Désormais, les internautes chinois devront se contenter des contenus validés par les autorités de Pékin. Exit les informations sur le Tibet, la démocratie ou les droits de l’homme en Chine ».

Mais pour le conseiller stratégique de Larry Page et Sergey Brin, co-fondateurs de Google : « Nous croyons fermement que, grâce à notre culture de l’innovation, Google pourra apporter une contribution positive et significative à la vitesse de développement, déjà impressionnante, de la Chine ».

Il est sans doute trop tôt pour juger de l’impact et définir l’évolution de l’Internet Chinois suite à cette perçée : Google est-il dans une logique uniquement commerciale ou existe t-il une perspective d’ouverture sur l’information susceptible de faire évoluer les institutions et la vie politique de la Chine, autrement-dit, est-ce une brèche ouverte dans un pays autoritaire ?

Pour Reporters Sans Frontières, c’est clairement non : « En lançant une version n’intégrant pas les contenus "subversifs", l’entreprise facilite le travail de filtrage du Net effectué par Pékin. En effet, un site Web qui n’est pas répertorié par les moteurs de recherche a peu chance d’être trouvé par les internautes. Désormais, même si une publication sur les droits de l’homme n’est pas bloquée par les pare-feu locaux, elle n’a aucune chance de trouver un écho en Chine. »

L’Equipe AgoraVox


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