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Google News : les enjeux des procès

 

Les Belges qui attaquent Google sont-ils comme le vieux marchand de tissus Baudu du Bonheur des dames de Zola, qui ne comprend rien aux règles du nouveau marché des grands magasins et court à la ruine ? Ce que ces éditeurs de presse, journalistes, photographes, rédacteurs dénoncent, c’est la prise de pouvoir de Google sur les contenus de l’édition de presse, c’est la capture automatique de Google, l’indexation en cache qui permet parfois aux internautes d’accéder directement au contenu sans passer par le site de la source de l’information, et l’absence de rétribution. Beaucoup de manque à gagner : le déficit du nombre de visites, quand le cache ne renvoie pas sur le site source, est susceptible de réduire la ressource publicitaire, et pour les journaux en ligne qui rendent leurs articles payants, le cache Google représente un rapt illicite.

A l’audience ils ont ainsi plaidé que « lexploitation secondaire par la voie électronique d articlesde presse est régie par les lois sur le droit dauteur (1994 - 2005) et sur les bases de (1998) ; donnéesattendu que Google na pas recueilli laccord de ces différents sites pour procéder àcette ordonnancement de linformation qui est laissée en quelque sorte à sa seule discrétion dèslors quelle est titulaire de la technologie et des algorithmes permettant lautomatisation et lasystématisation, de la reproduction des articles disponibles sur Internet [...] le mode defonctionnement actuel de Google News fait perdre aux éditeurs de presse quotidienne lecontrôle de leurs sites web et de leur contenu - lutilisation de Google News contourne lesmessages publicitaires des éditeurs lesquels tirent une partie importante de leurs revenus de cesinsertions publicitaires - lutilisation de Google News court-circuite de nombreux autreséléments comme les mentions relatives à léditeur, les mentions relatives à la protection desdroits dauteur et aux usages autorisés ou non des données, des liens vers dautres rubriques - lutilisation du « cache » de Google dune part permet de contourner lenregistrement demandépar léditeur et déluder le paiement de larticle de presse, dautre part stocke, en vue de sarediffusion, lentièreté de larticle. » A cela s’ajoute la mise en cause de l’utilisation du matériel graphique (déjà exprimée par l’AFP notamment).

Google, condamné le 5 septembre par le Tribunal correctionnel de Bruxelles à éliminer les références aux sites des plaignants (sauf erreur : dhnet.be, grenzecho.be , lacapitale.be, lalibre.be, lameuse.be, lanouvellegazette.be, laprovince.be, lecho.be, lequotidiendenamur.be, lesoir.be, pressbanking.com, votrejournal.be), a même complètement désindexé lesoir.be, lalibre.be et dhnet.be. Depuis, l’audience du site lalibre.be a baissé de 19%, tandis que celle du site rtl.be (qui ne fait pas partie des plaignants) a augmenté de 35%.

Que veulent les plaignants belges ? Margaret Boribon, la secrétaire générale des Journaux francophones belges(JFB) et de Copiepresse le dit : « Notre objectif n’est pas que nos publications ne soient plus référencées par Google mais bien que celui-ci se plie à la loi en vigueur concernant les droits d’auteurs », ce qui donne en VO pour ses interlocuteurs californiens : Of course, we want to be in the system, but on a legal basis [...] We want to be remunerated." Un accord tel que celui conclu récemment avec l’agence Associated Press (AP) représenterait à ses yeux un épilogue tout à fait acceptable dans ce contentieux. (négociation avec AP : accord de licence pour la reprise d’informations en ligne, site spécifique dédié aux contenus AP, rétribution d’AP selon un système pay-per-click en cas d’insertion de publicités sur les pages d’accueil de Google News, détails financiers de l’accord non divulgués).

Réaction américaine face à cette position :”The newspapers are jealous that Google has created something that’s useful. Even though it adds great value to their sites, they feel that Google should pay them to make their sites more useful... they don’t really understand the Internet.”

Que dit-on du côté de Google ? « Nous ne voulons pas forcer les éditeurs à être présents sur notre site. S’ils ne le souhaitent pas, ils n’apparaissent pas », garantit Yoram Elkaïm, du service juridique de Google. On accorde que juridiquement les plaignants ont raison, mais que les reègles sont obsolètes et destinées à être changées rapidement. Tout de même : une « task force » étudie actuellement un système qui permettrait aux éditeurs d’ouvrir une partie de leurs contenus aux moteurs de recherche, contre rémunération. « Cette démarche nous intéresse techniquement, souligne Yoram Elkaïm. Une nouvelle forme de dialogue doit s’instaurer avec les éditeurs ».

Alors, Google News : portail d’information, ou moteur de recherche ? Selon le rapport d’expertise de Golvers, c’est indubitablement un portail d’information. Google d’ailleurs le confirme dans cet autoportrait : termes « Cette diversité de perspective et d’approche est unique parmi les sites d’information en ligne et nous considérons comme une tâche essentielle de vous aider à rester informés sur les sujets qui vous importent le plus. » Reste à apprécier son efficacité dans le rôle d’accélérateur d’audience qu’il joue pour les sites de presse.


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