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Israël joue avec les nerfs de la France

Après la mort de dix-huit civils à Beït Hanoun imputée par Ehud Olmert à « une erreur technique » de l’artillerie israélienne, le Premier ministre ayant pris le soin de dire qu’il avait « vérifié et revérifié » les conditions des tirs, on entend aujourd’hui l’ambassadeur d’Israël affirmer : « Je ne peux pas imaginer un cas de figure où un avion israélien voudrait porter une atteinte quelconque à une force française... Nous sommes des pays amis. Ce sont des armées amies qui travaillent ensemble depuis des décennies. Je ne sais pas comment quelqu’un peut s’imaginer qu’un avion israélien voudrait causer le moindre tort à une force française. » Mais les mots ne sont pas en phase avec ce qui se passe sur le terrain ; non que les soldats français de la Finul aient été blessés ou tués par la manœuvre d’avions israéliens « en piqué » sur eux, suivie d’un « redressement immédiat », « ce qui est d’une façon extrêmement claire une posture d’attaque correspondant normalement à la délivrance de bombes ou au tir au canon », comme l’a expliqué Michèle  Alliot-Marie, indiquant qu’une « catastrophe » avait été évitée « de justesse » ; « En légitime défense, nos militaires ont retiré les caches de la batterie de missiles, et à deux secondes près, ils tiraient contre les avions qui les menaçaient  », a ajouté encore le ministre ; mais ces soldats français se sont retrouvés en situation de légitime défense, et le capitaine Christophe Prazuck, porte-parole de l’état-major, souligne que « c’est grâce au sang-froid des militaires français qu’on a évité une catastrophe », car « la séquence de préparations des tirs était achevée ». L’incident s’est déroulé le 31 octobre dans le ciel du Liban-Sud, au Nord de la zone française, au-dessus de Deir Kifa. Le commandant de la FINUL, le général français Alain Pelligrini, annonce que l’emploi de la force pourrait être envisagé si les tractations diplomatiques ne parviennent pas à empêcher ces incursions.

Cette provocation est loin d’être isolée : depuis le cessez-le-feu du 14 août, en violation de la résolution 1701 de l’ONU, Israël multiplie les incursions. Les avions de chasse ont survolé un navire de reconnaissance allemand, une frégate française, sans répondre aux alertes radio. Le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, explique que les survols sont nécessaires pour empêcher des trafics d’armes au profit des combattants du Hezbollah, quand un porte-aprole de l’armée israélienne affirme que « l’armée de l’air n’effectue jamais de survols offensifs au-dessus du sud du Liban  ». Le ministère français de la Défense oppose que « la matérialité des faits n’est pas contestable  », il s’agit de « certitudes absolues  ».

Jeudi matin, au moment où Daniel Shek, ambassadeur d’Israël, répondait à une convocation du ministère des Affaires étrangères à Paris, pour clarifier les circonstances des incidents, douze chasseurs bombardiers sont passés au-dessus du quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Et pour l’ambassadeur, « ce qui est plus grave (que les survols), c’est le réarmement du Hezbollah, [...] c’est l’installation de zones interdites au Sud-Liban ou seul le Hezbollah a accès [...] Les survols peut-être, mais il y a aussi deux soldats israéliens qui devaient être libérés et dont on n’a toujours aucune nouvelle, le Hezbollah qui se réarme à travers la frontière syro-libanaise et qui se réinstalle au sud du Liban parmi les unités de la Finul. » Tous les caractères du dialogue de sourds sont apparemment ici en place.


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