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Jérôme Kerviel, le coupable idéal

Tant que ça va, ça va. Mais quand rien ne va plus, faites vos jeux ! Heureusement, comme en électricité quand la banque surchauffe les plombs sautent. Dans l’affaire de la fraude présumée qui secoue depuis la semaine dernière le monde médiatique et financier, le plomb s’appelle Jérôme Kerviel. A lui seul, ce vilain trader aurait fait plonger la Société générale de 4,82 milliards d’euros (voir Agoravox ).

Pourtant, rien dans le cursus de Jérôme Kerviel n’explique qu’il ait pu agir seul et de façon malhonnête. « A l’université Lyon-II, d’où il est sorti diplômé, en 2000, après un an de DESS, on a très peu de souvenirs.
"Si c’était un génie, on ne l’avait pas repéré", s’excuse Dominique Chabert, responsable de la formation. M. Kerviel en est sorti avec la "mention assez bien" et un stage de six mois chez BNP Arbitrage », écrit Le Monde qui poursuit : « Dans le jargon de la finance, le DESS lyonnais forme des "soutiers". Scribes discrets, chargés de vérifier les opérations des traders. "Pour ceux que nous formons, c’est un peu le fantasme d’aller jouer avec les traders. Il y en a toujours qui sont un peu m’as-tu-vu et qui en rêvent secrètement, raconte Valérie Buthion, professeur. Reste que s’il avait fallu faire des paris sur ceux qui allaient mal tourner, M. Kerviel n’aurait pas été dans la liste." »

Sitôt son diplôme en poche Jérôme Kerniel est embauché à la Société générale. Il devient trader au bout de cinq ans. Maintenant qu’il se trouve sous les feux de l’actualité, on trouve à ce type comme tout le monde des qualités et des défauts proportionnels à son exposition médiatique.

Selon ses anciens amis, lui, qu’on appelait le « quintal » à son adolescence, se serait transformé en Tom Cruise. Un Tom Cruise solitaire, cependant, à qui on ne connaissait pas de relations féminines. Et puis en plus il était bizarre et toujours seul et patati et patata : « C’était un type étrange. (...) Quand il quittait son desk, il ne permettait pas aux collègues de prendre ses positions, comme cela se fait généralement », rapporte Le Monde.

Probable qu’on pourrait dire la même chose de n’importe qui sur Terre. Après coup, le moindre petit défaut devient le symptôme d’une pathologie gravissime. Bon.

Mais la Société générale ? Jusqu’à ce jour de janvier 2008 où elle désavoue ce petit soldat de la finance, ne trouve rien à redire à sa vie privée, ni, surtout, à son boulot. Et c’est là que le bât blesse. Jérôme Kerviel, en garde à vue tout le week-end, nie avoir commis des malversations. Les coriaces enquêteurs de la brigade financière restent sur leur faim. Ils ne trouvent rien à l’encontre de Kerviel.

« Selon Le Parisien, il aurait affirmé avoir agi seul, dans le seul but de réaliser des profits pour sa banque. Il aurait nié tout enrichissement personnel ».

« A propos d’une rumeur qui prête à Jérôme Kerviel l’intention d’avoir voulu "faire sauter la Société générale au profit d’une banque russe", Daniel Bouton, patron de la Société générale, a rappelé que la Société générale était effectivement "en train d’acheter" Rosbank, le deuxième réseau bancaire de Russie, dont elle était déjà actionnaire. Il a précisé que l’acquisition serait finalisée "le 11 février" et que la banque avait "largement" de quoi la payer », précise Challenges. « Les avocats du trader, Mes Elisabeth Meyer et Christian Charrière-Bournazel, accusent eux la banque d’élever un "écran de fumée" pour masquer des pertes notamment essuyées dans "l’invraisemblable équipée des ’subprimes’", et estiment que leur client n’a commis aucune malhonnêteté. Ils ont dénoncé "les conditions volontairement précipitées et tout à fait anormales" dans lesquelles la banque "a liquidé des positions qui auraient pu se redresser avec le temps", et ont déploré le "lynchage médiatique" de leur client : selon eux, Daniel Bouton a "livré aux chiens" le jeune courtier.  ».

Sûr qu’il est préférable pour tout le monde, de la direction de la Société générale au pouvoir politique en place, que le krach de la semaine dernière soit le fait d’un individu isolé (ce que personne ne pense raisonnablement)...

« La Société générale, se demande Le tour du monde en 20 minutes (un blog de 20minutes), n’a t-elle pas perdue plus d’argent qu’elle ne le dit dans la crise des subprimes ? Pourquoi le conseil d’administration n’a pas pris part aux décisions ? La banque était-elle obligée de vendre tout en pleine tempête boursière ? »

Voir également cette vidéo sur Agoravox TV


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Babar

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