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Kouchner suit sa route et change de panneau

Les électeurs ne pourront pas voter, aux prochaines élections, les yeux fermés pour un parti qui défendrait à l’évidence leur cause : il y a des idées de gauche à droite et des idées de droite à gauche, des ruptures avec les traditions idéologiques des uns et des autres. Les candidats à l’élection présidentielle rallient parfois, dans ce contexte, des personnalités aux idées a priori incompatibles. C’est ce qui pose problème au socialiste Bernard Kouchner, qui s’est exprimé dans Le Parisien : il reste « fidèle au PS », et il est prêt à participer à un gouvernement « d’union nationale », qui agirait pour faire progresser la construction européenne, qui relancerait le travail, car « face à une concurrence mondiale, ce n’est pas en travaillant moins qu’on va gagner, mais en travaillant plus [...] Pour que les 35 heures marchent, il faudrait que la France soit à l’abri, hermétique dans ses frontières » , qui gère efficacement le dossier des retraites, bref qui prenne « le virage de la social-démocratie ». Il faut donc comprendre qu’il ne retrouve guère les idées socialistes au PS, dans un programme fait « de bric et de broc », avec « de bonnes choses et beaucoup d’archaïsmes », une candidate et une équipe de campagne en lesquelles il ne voit pas « de parangons de modernité ». Donc oui, si Nicolas Sarkozy fédère un « gouvernement d’union nationale », Bernard Kouchner se déclare prêt à y participer.

Que le premier secrétaire du Parti socialiste ait négocié les ralliements de Christine Taubira, dans un premier temps, accordant aux radicaux de gauche de conduire la bataille des législatives pour trente sièges, puis de Jean-Pierre Chevènement, avec zoom sur toutes les ficelles du rapport de forces, et finalement dix sièges de députés réservés, c’est dans les habitudes tactiques. Mais cette fois, politiquement, l’accord débouche sur un vide, celui des forces contraires qui s’annulent : chacun se souvient de l’opposition nette, catégorique de Jean-Pierre Chevènement au projet européen soutenu par le Parti socialiste, dont Ségolène Royal. (Titres de ses deux derniers ouvrages, 2005 et 2006 : Pour l’Europe, votez non ! et La faute de M. Monnet). Reprenant un mot souvent utilisé par la candidate socialiste pour indiquer la pertinence d’un choix, Bernard Kouchner juge dans Le Parisien d’hier : « Ségolène a réussi à agréger le oui et le non au sein du PS. Tactiquement, c’est bien joué, mais politiquement, ce n’est pas juste. » Dans le même temps, une ancienne relation de Ségolène Royal, qu’elle avait présentée à François Mitterrand, au moment de son premier septennat, Bernard Tapie, juge aussi « impossible de concilier » les positions des radicaux et des chevènementistes. Mais Ségolène Royal a déjà déclaré en juin qu’elle ne « demandait pas à Bernard Tapie son soutien  ». 

Son équipe de campagne indique qu’elle « trace sa route ».


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