Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Actu en bref > L’abbé Pierre n’a pas pu résister...

L’abbé Pierre n’a pas pu résister...

L’abbé Pierre se confesse dans son dernier livre qui paraît aujourd’hui : "de manière passagère" il aurait succombé à la tentation du désir sexuel.

Si l’abbé Pierre, 93 ans, à toujours suivi les règles que son statut lui imposait, s’il a toujours eu l’obstination de se consacrer à Dieu et aux pauvres, il avoue avoir "couché". Le voeu de chasteté a été rompu... Faut-il crier au mensonge et à la trahison ? L’abbé Pierre se veut rassurant : "je n’ai jamais eu de liaison régulière".

Dans son dernier livre qui sort aujourd’hui chez Plon intitulé "Mon Dieu... pourquoi ?", l’abbé Pierre, l’ancien frère capucin s’offre en confession aux français pour qui il a tant œuvré tout au long de sa vie. D’ailleurs les français le lui rendent bien, puisque régulièrement lors de sondages, il est propulsé en tête de liste comme l’un des hommes les plus aimé des français. Son ouvrage est un recueil de pensées, de méditations qu’il a accumulées tout au long de sa vie. Il est cossigné avec Frédéric Lenoir, le directeur du « Monde des Religions ».

De nombreux thèmes sensibles sont abordés : il n’hésite pas à se déclarer favorable au mariage des prêtres, à l’homoparentalité et à l’ordination des femmes. Des positions très modernes et progressistes au sein d’une église qui ne s’accorde pas sur ces sujets. Ces révélations sont-elles faites parce qu’il a lui-même transgressé certaines règles ? On peut se poser la question. L’abbé Pierre ne souhaitait pas être "tiraillé entre deux choix de vie inconciliables", il a préféré fuir l’amour pour aller au devant de Dieu. Si son expérience du désir sexuel était une satisfaction, selon ses propos, elle ne lui permettait pas une véritable émancipation, une véritable ascèse qui lui permettrait de trouver la voix de la confiance et de la sérénité. "Je sentais que je n’étais pas vrai".

L’abbé Pierre à 93 ans assume totalement ses propos et ne se reproche rien. Il appelle pourtant l’église à revoir ses position sur le concubinage qui pourrait relancer les vocations : "Cela permettrait sans doute de résoudre en partie la crise des vocations et de la pénurie des prêtres".

Il rappelle que de nombreuses positions de l’église ne devraient pas aujourd’hui relever d’une position dogmatique mais sociologique : le fait qu’il ne soit possible d’ordonner des femmes est un "argument qui n’a rien de théologique mais relève davantage de la sociologie" ; n’en déplaise au Pape Benoît XVI (ancien cardinal Ratzinger).

En ce qui concerne l’homosexualité, l’abbé Pierre comprend le désir des couples et le besoin de reconnaissance par la société. Encore une fois, l’abbé Pierre, malgré ses positions religieuses très marquées, montre que le poids de la société sur l’évolution des mentalités ne doit pas être négligé. Il faut avancer avec son temps. Le thème du mariage des homosexuels est donc abordé, même s’il préfère parler d’alliance.

Mais au-delà de cet aspect personnel et de ces aveux troublants, le fondateur d’Emmaüs évoque en filigrane son combat et sa volonté de prier pour les autres, de se consacrer entièrement au bonheur de tous. Il évoque donc sa lutte pour les marginalisés d’une société qui avance à grands pas, une société qui ne doit pas être refermée sur elle-même et doit s’ouvrir à tous les débats, y compris les plus sensibles. L’abbé Pierre montre encore une fois l’exemple à suivre...


Moyenne des avis sur cet article :  3/5   (2 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON




Palmarès