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Accueil du site > Actualités > Actu en bref > L’affaire Jerôme Kerviel, un rebondissement ?

L’affaire Jerôme Kerviel, un rebondissement ?

l’information est tombée hier sur les écrans des médias français. Jérôme Kerviel, « célèbre » ex-trader de la Société Générale, mis en examen dans le dossier judiciaire qui porte sur la plus grosse perte financière d’une banque - 5 milliard d’euro - vient de trouver un travail de « consultant informatique » chez L.C.A.

Tout le monde s’émeut, crie au scandale, pousse des cris d’orfraie. Comment, un homme désigné à la vindicte populaire comme étant le responsable du plus grand scandale financier de tous les temps, comment, cet homme qui a pu réaliser ses méfaits en trafiquant - c’est la défense mise en avant par la banque - les systèmes informatiques de sa banque, cet homme là est de nouveau en mesure de mettre les doigts dans un système informatique ?
Il est peut être important de rappeler quelques faits.

Jerôme Kerviel est mis en examen. Le dossier est en cours et ne sera pas jugé avant encore sans doute plusieurs mois, peut être plusieurs années. Cet homme est soupçonné. Mais il n’est pas coupable. Jusqu’à preuve du contraire, il est présumé innocent.

La Société Générale, sa direction en fait, a pris elle même la décision de liquider les positions prises par son trader. De ce fait, ce qui n’était encore que des pertes virtuelles, s’est transformé en un gigantesque trou dans les comptes. Les 5 milliards d’euro perdus l’ont été du fait de cette décision.
Dans ce chiffre hallucinant se glisse aussi des pertes dues à la crise des « sub-primes », secteur dans lequel la banque a visiblement joué, et sur des volumes non négligeables.

Enfin, on apprenait hier que les autorités boursières allemandes avaient, dès la fin de l’année 2007, alerté la Société Générale sur des agissements qui leur semblaient dangereuses. Ces révélations sont pour le moment démenties d’une manière assez confuse par la direction de la banque française, qui prétend que des confusions avaient été faites sur les opérations pointées du doigt.

Alors, dans ce dossier que la France entière suit avec beaucoup d’attention, qui est véritablement responsable ? Ces pertes qui donnent le vertige, qui en est l’auteur ? Comment répartir les responsabilités, comment démêler cet écheveau quasi inextricable ?

La presse pointe du doigt Jérôme Kerviel comme un seul homme. En révélant qu’il a un nouveau job dans un domaine - l’informatique - qui est au coeur de la défaillance qu’a connu la Société Générale, elle le déigne à la vindcite populaire. C’est, selon moi, aller un peu vite en besogne. Jerôme Kerviel a toujours prétendu avoir agi avec l’aval de sa hiérarchie qui, au minimum, fermait les yeux sur sa manière de gagner de l’argent.

Et si, somme toute, on apprenait qu’il avait dit vrai ? Si la Société Générale avait pris un risque connu et - à l’époque - assumé en le laissant faire ?
Il ne me semble pas juste de mettre en avant de manière aussi grossière un homme qui est innocent jusquà preuve du contraire. Je ne cherche pas à défendre Jérôme Kerviel, mais je crois qu’une fois de plus, nous allons un peu vite en besogne. Les 5 milliard d’euro perdus par la Société Générale n’ont pas encore trouvé preneur définitif dans le jeu du « qui est responsable ». Et il n’est pas dit que le « gagnant » soit l’ex-trader de la Société Générale.


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