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L’année de la jupe en cache une autre

Une jupe peut en cacher une autre. Le printemps de la jupe c’est du 16 mars au 3 avril, mais ces derniers temps, avec raison, il n’est question que de la Journée de la jupe. Le film de Jean-Paul Lilenfield avec Isabelle Adjani dans le rôle d’une prof en pleine crise de nerfs, a été présenté sur Arte vendredi soir où il a battu des records d’audience. Plus de 2 millions de téléspectateurs l’ont vu. Aujourd’hui, mercredi 25 mars, ce long métrage sort en salle non sans avoir provoqué des débats riches et passionnés. Mais on ignore souvent qu’en 2007 la réalisatrice Brigitte Chevet avait déjà réalisé un documentaire passionnant sur cette année de la jupe née en 2006...

Dans Jupe ou pantalon la caméra de Brigitte Chevet suit Thomas Guiheneuc. Ce jeune prof milite au sein de Liberté couleurs association qui en 2006 a organisé en Bretagne l’opération « Journée de la jupe ». Lutter contre les préjugés en soutenant les jeunes filles qui ne portent pas de jupe par crainte de remarques déplacées de la part des garçons.

Car oui, en 2009, il faut du courage pour porter une jupe quand on est une adolescente aujourd’hui. C’est tout juste, si l’on en croit certains témoignages, s’il ne faut pas du courage pour être une fille…

« L’idée est née lors d’ateliers sur la sexualité, au cours desquels les filles ont expliqué qu’il était impensable de mettre une jupe » avait alors expliqué Thomas Guiheneuc à l’AFP. La jupe est un symbole. La journée de la jupe, c’est l’occasion d’instaurer une discussion avec et entre les adolescents dont le vocabulaire est de plus en plus cru et influencé par le porno et qui ne se rendent pas compte à quel point ils blessent ».

Tout est parti d’une réflexion de Jean-Michel Durand, conseiller pédagogique d’éducation et enseignant à l’Ipssa de Vitré. « En 2006, selon la même source, dans un module santé, j’ai demandé aux élèves de quoi ils voulaient parler. Ils m’ont répondu ’les relations amoureuses’. Et quand j’ai creusé, les filles m’ont avoué qu’elles ne pouvaient pas du tout s’habiller comme elles le voulaient sans se faire insulter ».

C’est ainsi qu’est intervenue l’association Liberté couleurs. Pendant environ quatre mois, dans l’établissement normand, elle est intervenue « avec les collégiens et lycéens sur le thème du sexisme, du respect de l’autre et des relations filles-garçons ». Et c’est ainsi, également, que la Journée de la jupe est née. Les filles étaient alors invitées à venir en jupe. Aujourd’hui, la journée de la jupe est devenue Le printemps de la jupe.

"La jupe est un symbole", analyse Julie Gaguant de Libertés et couleurs, "mais on ne s’est jamais arrêté au seul aspect vestimentaire". "Vous n’imaginez pas la violence verbale des garçons et même des filles envers celles qui osent s’habiller de façon féminine", assure Jean-Michel Durand.

Au cours des ateliers, les élèves ont avoué l’influence jouée par le porno sur l’image qu’ils ont de la sexualité : tandis que leurs parents feuilletaient fébrilement les pages lingerie du catalogue de La Redoute, eux ont accès de plus en plus jeunes aux vidéos pornos sur internet. "Les filles sont vues comme des objets", renchérit l’enseignant du lycée professionnel.

Sur le site d’Aligal production, maison qui a produit le film de Brigitte Chevet, Jupe ou Pantalon, la problématique est posée d’emblée : « La mixité nous apparaît comme une évidence et les droits de la femme sont acquis, ou pratiquement. Mais dans le même temps, les adolescents baignent sans le vouloir dans un milieu parsemé d’images et de représentations sexuées que nous ne voyons plus tant elles nous semblent banales ».

Plutôt qu’un long discours, la cinéaste a préféré suivre la classe de 1ère de Thomas Guiheuneuc : « Dans ce film nous constatons que derrière les propos parfois durs sur les relations garcon/fille, les ados eux-mêmes sont très demandeurs d’une réflexion commune sur la représentation du masculin et du féminin », explique t-elle.

Pourquoi, alors qu’on nous somme d’être libre et libéré pourquoi chez les adolescents, la mixité est-elle un problème ? A cette époque de la vie ou le rapport au corps est problématique, on s’aperçoit qu’il y a encore du travail afin de rendre plus aisé « les relations entre filles et garçons ».

De toute évidence il faudra plus qu’une journée, ou même qu’un printemps, pour une prise de conscience effective.



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Babar

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