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L’extension de la souffrance mentale

 

Selon l’OMS, le nombre global de personnes en souffrance « mentale » (c’est-à-dire psychique, psychologique, neurologique ou en butte à des problèmes psychosociaux) est de 400 millions. En 2020, les experts prévoient que ces pathologies seront la deuxième cause de mortalité et de handicap. (Aujourd’hui la dépression, qui affecte 340 millions de personnes, est déjà au cinquième rang).

Un Européen sur quatre est touché au cours de sa vie ; seul un quart d’entre eux entre en contact avec une offre de soins (l’accès est le mieux organisé aux Pays-Bas avec 40% de personnes consultantes, contre à peine 10% dans de nombreux pays). 37,5 % des Canadiens souffrent d’un trouble mental ou d’une dépendance chaque année. Le coût des problèmes de santé mentale et de dépendance aux drogues ou à l’alcool pourrait s’élever à 40 milliards par année au Canada (150 milliards de dollars US aux Etats-Unis). En 2000, le coût économique des problèmes de santé mentale pour la société était estimé varier entre 3 et 4 % du produit national brut (PNB) de l’Union européenne. Les budgets consacrés à la santé mentale vont de 0 à 14% des dépenses de santé (13 à 15% pour la France) avec des différences très sensibles, de nombreux pays se situant en dessous des 4%.

L’augmentation du nombre de personnes en souffrance pose la question des causes.

 Christopher Dowrick, de l’Université de Liverpool, montre le rôle du milieu de vie et de l’environnement affectif : en analysant les dossiers de 16 500 dépressifs, à travers cinq pays, son équipe et lui se sont rendu compte que la prévalence de la dépression est extrêmement stable en milieu rural, entre 7% et 9%, alors que sa prévalence en milieu urbain peut varier fortement selon les pays, allant par exemple de 3% à Santander, en Espagne, à 18% à Liverpool.

A l’Université Laval, au Canada, le professeur Jean-Pierre Brun et son équipe se sont penchés sur l’évolution des conditions de travail. Elles génèrent des troubles, à travers quatre facteurs : la surcharge quantitative, le déficit de reconnaissance de l’entourage, des relations très pauvres avec le supérieur, une faible participation aux décisions associée au manque de circulation des informations. Michel Vézina, professeur titulaire au département de médecine sociale et préventive dans la même université et conseiller en santé au travail à l’Institut national de santé publique du Québec, estime que « 35 à 40 % des problèmes de santé mentale sont attribuables au travail. » Il précise : « Ce n’est pas le trop de travail qui rend malade, c’est le trop de travail dans des organisations malades qui rend malade. »

 


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