Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Actu en bref > La bataille des intermittents n’est pas finie

La bataille des intermittents n’est pas finie

---------------------------------------------------------------------------
A la une sur AgoraVox :

---------------------------------------------------------------------------

Le protocole de 2003 sur les intermittents du spectacle serait prolongé d’une année, selon Denis Gautier-Sauvagnac, président de l’Unedic et représentant du Medef. Toutefois, des "aménagements" seraient apportés au texte.

Vendredi 16 décembre, Denis Gautier-Sauvagnac, a donc affirmé, comme le souhaitaient les syndicats CFDT, la CFTC et FO, que le protocole de 2003 sur les intermittents du spectacle serait prolongé d’une année, avec quelques remaniements qui ne changeraient pas radicalement les modalités déjà négociées. On irait donc vers une prorogation jusqu’à la fin 2006 du protocole, avec un renforcement de la protection sociale des salariés. Cela laisserait du temps aux différents acteurs pour discuter, négocier et se mettre d’accord sur un véritable texte faisant l’unanimité.

Les dernières négociations portant sur l’indemnisation des intermittents du spectacle se sont déroulées vendredi dernier (il s’agit de la sixième rencontre depuis le 8 novembre), elles concernaient notamment les annexes de l’Unedic : l’annexe 8 concernant les techniciens, et l’annexe 10 concernant les artistes. Elles régissent le régime d’assurance-chômage des 100 000 intermittents du spectacle, dont le montant du déficit s’élève de près d’un milliard d’euros en 2004.

Toutefois, ces négociations ne se sont pas passées dans le calme total, puisque les différents partenaires ont interrompu la réunion à de nombreuses reprises (l’organisation patronale, la CGPME a demandé à interrompre la réunion pour discuter de l’ordre du jour, car certains souhaitaient aborder le débat sur le régime général, tandis que d’autres préféraient discuter de l’assurance-chômage des professionnels du spectacle) ; d’un autre côté, des intermittents ont décidé d’occuper la Pyramide du Louvre pour faire entendre leur voix et faire pression sur les négociations.

Il est prévu que les négociations reprennent mardi 20 décembre, à partir de 14 h 30. Les intermittents ne relâchent pas la tension. D’ailleurs, un protocole réalisé par le cabinet du ministre délégué l’emploi, Gérard Larcher, annonce de nouvelles pistes de réforme, afin d’éviter une nouvelle crise. Ces pistes iraient à l’encontre de l’issue vers laquelle se dirigeaient vraisemblablement les négociations. Le gouvernement s’immiscerait dans la négociation entre les partenaires sociaux et le Medef afin que l’accord global soit "générateur d’économies".

Les mesures concernent notamment les périodes de maladie et de maternité, ainsi que les cachets, dont le calcul serait basé sur 12 heures. Les mesures concernent également le nombre d’heures : 507 heures de travail doivent être réalisées sur 12 mois afin de bénéficier de l’assurance chômage. Cette mesure va dans le sens de ce que réclame la Coordination des intermittents, puisque le protocole de 2003 exigeait que ce temps de travail soit réalisé en dix mois pour les techniciens, et en dix mois et demi pour les artistes. Cette prolongation engendrerait un coût de 100 millions d’euros pour l’assurance chômage. Dans la perspective d’inciter au travail et d’allonger la durée des contrats, une mesure propose d’étendre la durée d’indemnisation de huit mois à neuf mois (dix mois pour les intermittents qui ont plus de cinq ans d’ancienneté tout en réalisant 607 heures de travail).

En revanche, une autre mesure propose que le salaire de référence permettant de calculer l’allocation chômage repose sur une base annuelle. Cette mesure rapporterait un gain de 50 millions d’euros à l’Unedic. L’indemnisation porterait sur 22 ou 26 jours par mois (aujourd’hui elle porte sur l’ensemble des jours calendaires). Ainsi, dans le nouveau cadre de calcul, les intermittents connaîtraient une réduction de 10% de l’allocation.

La logique d’un accord global "générateur d’économies" reposerait, selon Gérard Larcher, ministre délégué à l’emploi, sur une limitation des abus, tout en assouplissant l’obtention du statut. Le gouvernement ne souhaite donc pas poursuivre avec le protocole de 2003 : un système alternatif serait possible. Du côté du Medef et des partenaires sociaux, cette prise de position active du gouvernement n’est pas très bien vécue. Annie Thomas, de la CFDT, y voit "une ingérence" de l’État, tandis que le Medef ne souhaite pas commenter les mesures proposées.

La confusion qui régnait vendredi 16 décembre lors des négociations sur l’assurance-chômage risque donc de s’accentuer mardi prochain. Il s’agit normalement d’une dernière réunion conclusive portant sur l’ensemble de la convention Unedic. Elle est prévue mardi, à partir de 14h30, à Paris.
Les différents acteurs (patronat et syndicats) sont donc toujours en négociation et essaient de trouver un terrain d’entente sur la question du financement de l’assurance-chômage. L’État essaie d’accélérer le mouvement, rappelons que le déficit cumulé de l’Unedic approche les 14 milliards d’euros actuellement.


Moyenne des avis sur cet article :  (0 vote)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON




Palmarès