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Accueil du site > Actualités > Actu en bref > La carte scolaire, un jeu de ballon-prisonnier

La carte scolaire, un jeu de ballon-prisonnier

 

Aujourd’hui le président Chirac juge qu’il ne « serait ni juste, ni réaliste » de supprimer la carte scolaire. Les orateurs se sont positionnés dans un rapide tempo sur ce sujet que rien ne mettait vraiment d’actualité : Nicolas Sarkozy pour la suppression « à terme », Dominique de Villepin contre, Gilles de Robien pour son maintien avec reconnaissance des aménagements déjà en cours et que tout le monde semble ignorer, Ségolène Royal, renonçant pragmatiquement à l’idéal de suppression, pour des transformations permettant de « desserrer la contrainte », point de vue qui, pour Laurent Fabius, reviendrait à « supprimer finalement la fonction d’égalité de l’Éducation nationale » et qui, pour Dominique Strauss-Kahn, « conduirait à une forme de ségrégation sociale », et François Hollande recentre : « Nous veillerons à ce que la carte scolaire permette la mixité sociale ».

Les explications avancées ?
Pour les uns, la carte scolaire est une garantie de maintien de l’ordre républicain :

« C’est la garantie de la mixité sociale », a rappelé le chef de l’Etat sur Europe-1.

"Celui qui supprimera brutalement la carte scolaire déstabilisera l’institution Education nationale" (Gilles de Robien)

" Je suis pour une carte scolaire aménagée, respectueuse des principes qui fondent notre idéal républicain " (Gilles de Robien)

Laurent Fabius parle de la " fonction d’égalité de l’Éducation nationale ".

Pour Dominique Strauss-Kahn, un assouplissement "conduirait à une forme de ségrégation sociale".

Pour les autres, la carte scolaire est un ferment d’injustices et, sclérosante, creuse les inégalités :

"La carte scolaire se voulait un instrument de justice. Elle est devenue le symbole d’une société qui ne parvient plus à réduire les injustices parce qu’elle n’ose pas s’interroger sur ses outils", souligne le président de l’UMP dans un point de vue publié samedi dans Le Monde.

"C’est en mettant de la diversité dans les méthodes, sans renoncer bien sûr au caractère national des programmes et des évaluations, que l’on permettra à chaque enfant de trouver une solution lui permettant de grandir et de s’épanouir", estime Nicolas Sarkozy, qui ajoute une vision : à terme, "la carte scolaire n’aura plus de raison d’être puisque tous les établissements seront de qualité".

Ou encore la carte scolaire est simplement périmée :

Mme Royal a affirmé qu’il faut « adapter » la carte « aux défis de notre époque ».

Finalement, le ministre de l’Education nationale a lancé une pique assez éclairante sur la nature de ce débat, quand il s’est déclaré mercredi dernier "très heureux que les candidats à l’élection présidentielle se préoccupent de l’Education nationale". Le sujet n’est généralement pas très porteur en période de campagne électorale. On voit dans le caractère très vague des arguments avancés pour justifier les points de vue que ce ne sont pas les problèmes effectifs de la carte scolaire qui sont l’objet des discours, mais le jeu du rapport de force politique.


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