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La constance d’un révisionniste

 

"Qu’ont donc fait en France les autorités universitaires et la justice ? Ils ont toléré que vous, niant les morts, vous les tuiez une seconde fois". C’était le cri de colère de Primo Levi, dans l’édition du Corriere della Sera  du 3 janvier 1978, au moment où Robert Faurisson publiait dans Le Monde une tribune : « Le problème des chambres à gaz ou la rumeur d’Auschwitz ». Quelques mois auparavant, en mai, il distribuait à ses étudiants de littérature lyonnais un polycopié intitulé "Pour une véridique histoire de la Seconde Guerre mondiale" : « Cette prétendue tentative de génocide et ces prétendues chambres à gaz ne sont qu’une seule et même invention de propagande de guerre. Cette invention est d’origine essentiellement sioniste. [...] Hitler n’a jamais donné l’ordre de tuer ne serait-ce qu’un seul homme en raison de sa race ou de sa religion. [...] Le nombre de Juifs exterminés par Hitler (ou victimes du génocide) s’élève heureusement à... zéro ». Devant les tribunaux, dans les années 1980-1990, il réitérait : "Je ne nie rien. J’affirme au terme de mes recherches qu’il n’y a jamais eu de politique d’extermination physique des Juifs", traitant Wiesenthal de « menteur » et déclarant que le Journal d’Anne Frank était un faux, et encore : "Il n’a jamais existé une seule chambre à gaz d’exécution chez les Allemands, pas une seule [...] Par conséquent, ce que des millions de touristes visitent à Auschwitz, c’est un mensonge, c’est une falsification, c’est une tromperie pour touristes. »

Aujourd’hui, à l’âge de soixante-dix sept ans, pour avoir nié la réalité du génocide juif et l’existence des chambres à gaz sur la chaîne satellitaire gouvernementale iranienne Sahar 1, le 3 février 2005, Roger Faurisson vient d’être condamné mardi à trois mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Paris, et à une amende de 7500 euros, plus 4500 euros de frais de procédure. Il encourait jusqu’à un an de prison ferme et 45 000 euros d’amende. Son avocat, Me Eric Delcroix, a demandé sa relaxe, se fondant sur le principe de la liberté d’expression.

Roger Faurisson a de curieuses perceptions des réalités : sa thèse consacrée aux Chants de Maldoror de Lautréamont en faisait une « bouffonnerie » rédigée par un « loustic [...] joyeux farceur »...

 


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