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La face cachée du grattage

 

Est-ce un phénomène si grave ? Les mots sont forts : joueur « compulsif », joueur « pathologique ». Pas dans les casinos, mais dans la rue, chez soi, face aux innombrables jeux que les Etats ont lancé pour de bonnes causes (financements sociaux). Les chiffres sont lourds : « Au Québec le pourcentage de toxicomanes du jeu se situe, selon les études, entre 2,1% et 5% alors qu’il n’y a que 0,9% de toxicomanes de drogues illicites et 1,9% d’alcooliques » ou « Au Canada, le taux est estimé à 1,14 % en moyenne (de 0,9 à 1,38 %) avec, pour les jeunes, un chiffre cinq fois supérieur 5,77 % ». Selon la Harvard Médical School, en 1997, aux USA, on évaluait le nombre des joueurs compulsifs américains à 1,14 % des joueurs de toutes les formes de jeux d’argent confondues. D’autres études américaines fournissent les chiffres de 1,5 à 3 %, avec un taux nettement supérieur chez les jeunes. En Belgique, 4 à 5 % de la population est concernée par la compulsion du jeu. L’enquête suisse sur la santé estime à 29% les personnes ayant une activité fréquente de jeu (1 fois par semaine) ; parmi ces personnes, les joueurs excessifs représentent 12,7% des personnes, les joueurs à problème 9,3%, et les joueurs pathologiques 3,4%.
En Australie, le jeu compulsif est « un fléau national majeur », qui a pris l’aspect d’une véritable épidémie.

Le rapport que le Sénat consacre au sujet note une carence de l’information en France : «  L’absence de statistique officielle est très regrettable mais peu surprenante quand on connaît le désert français pour tout ce qui concerne les connaissances modernes, sérieuses et scientifiques du jeu et des joueurs dans notre pays » mais extrapole : « Ce fait est d’autant plus regrettable que d’autres pays sont plus avancés que la France dans ce domaine, montrant l’importance qu’ils accordent au phénomène du jeu. Le psychiatre Marc Valleux du centre Marmottan de Paris estime pour sa part leur nombre à 300 000 en 1999 -un nombre équivalent à celui des toxicomanes. »

Au Québec, la campagne est très active : on dénonce le « crime organisé » par L’Etat qui conduit à une « catastrophe sociale », 70% des joueurs compulsifs songeant au suicide, renforçant les groupes de nouveaux miséreux. La faible médiatisation du phénomène renforce les risques. On rappelle aussi que « le jeu est considéré comme une maladie mentale depuis 1958 ». Le psychiatre Edmund Bergler a, dans The psychology of Gambling (International Universities Press) défini le joueur compulsif comme un névrosé qui possède le désir inconscient de perdre et cela, bien qu’il considère consciemment que le gros lot lui revient.

Face à la faible médiatisation du phénomène, les sites Internet se multiplient. Ils proposent des tests pour savoir si on est soi-même un joueur compulsif (plus d’hommes que de femmes, dans la catégorie, dans les statistiques données).

http://www.jeu-compulsif.info

http://adictel2.elliptic.fr/fr/prévention

http://www.gnb.ca/0378/WhatdoweKnow-f.asp

http://www.jeu-excessif.ch/pages/B-05.htm


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