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La greffe du visage, progrès ou démesure ?

Une greffe du visage consistera à prélever la peau, la graisse et les vaisseaux sanguins du donneur, en état de mort cérébrale, pour les transférer sur le visage du receveur. Une compatibilité entre le donneur et le receveur est nécessaire tant en ce qui concerne le groupe sanguin, les tissus, que pour la teinte de la peau, la couleur des cheveux, leur texture... Le nouveau visage du patient constituera une image hybride entre celui du donneur et le sien. Des simulations informatiques ont été réalisées : elles indiquent que les familles des donneurs ne retrouveraient pas chez les greffés le visage de leurs proches décédés. Les chirurgiens ne se placent pas dans un rôle de Docteur Frankenstein.

Les équipes médicales insistent sur le caractère thérapeutique d’une telle intervention, qui ne peut concerner que des personnes en grande souffrance physique et morale, celles qui par exemple sont dans « l’impossibilité de fermer complètement les paupières ou la bouche » et qui « ont également des problèmes d’intégration dans la société », indique le Dr Butler, qui travaille sur un tel projet depuis quinze ans. Ces patients ont déjà subi cinquante à soixante-dix interventions de chirurgie réparatrice, sans pour autant se trouver dans une situation « normale ».

Le comité d’éthique du Royal Free Hospital d’Hampstead au Nord de Londres vient d’autoriser la première greffe mondiale totale de visage Il faudra attendre six mois à un an avant que la liste de patients susceptibles d’affronter une telle intervention soit arrêtée. Ceux-ci doivent notamment être capables de supporter la lourdeur des traitements immuno-suppresseurs post-opératoires. Pour Changing Faces, organisme qui représente des personnes défigurées, il faut que « toute personne concernée par cette procédure ait bien conscience des risques et des avantages, et notamment des risques liés au traitement immuno-suppresseur ». L’équipe du Pr Maria Siemionow, à Cleveland, dans l’Ohio, a aussi depuis octobre 2004 le projet de pratiquer des greffes de visage entier, sans qu’aucun patient n’ait encore été sélectionné. Les protocoles médicaux associés à cette greffe sont particulièrement lourds, et un visage, ce n’est pas un organe interne, c’est l’image de la personne.


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