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Accueil du site > Actualités > Actu en bref > La mort du petit Bilal dans une cage d'ascenseur devant le tribunal (...)

La mort du petit Bilal dans une cage d'ascenseur devant le tribunal correctionnel de Strasbourg

STRASBOURG (AP)

Un drame particulièrement sensible sera évoqué lundi et mardi devant le tribunal correctionnel de Strasbourg (Bas-Rhin) : la société AMS (Ascenseurs Multi-Services), en tant que personne morale, et un de ses directeurs sont appelés à comparaître pour homicide involontaire, plus de trois ans après la mort du petit Bilal Wahibi, 4 ans, dans la cage d’ascenseur d’un immeuble HLM du quartier de la Meinau.

La victime avait fait une chute mortelle de 15 mètres, le dimanche 19 mai 2002 : la porte palière battante de l’appareil s’était anormalement ouverte en l’absence de la cabine, qui se trouvait au rez-de-chaussée.

Vers 16h, l’enfant était allé au 5e étage de l’immeuble avec ses cousines pour aller chercher de la semoule et de la menthe chez des voisins et les rapporter au 1er à des proches auxquels ses parents rendaient visite. Bilal avait préféré prendre l’ascenseur plutôt que descendre à pied.

Selon les premières constatations des policiers, l’enfant avait pu ouvrir la porte sans appuyer sur le bouton d’appel. Les autres portes s’ouvraient aussi. Le corps a glissé entre la cabine et la paroi, avant de tomber dans la fosse aux câbles. Le SAMU et les pompiers ont ranimé le bambin, qui devait décéder dans la soirée au CHU de Strasbourg-Hautepierre.

La CUS Habitat, qui gère cet immeuble, et la société de maintenance des ascenseurs AMS avaient immédiatement parlé d’acte de malveillance, thèse réfutée par les habitants de l’immeuble, qui se plaignaient de dysfonctionnements antérieurs.

La mission interministérielle d’inspection du logement social avait, dans un rapport confidentiel, évoqué « l’amélioration de la qualité de l’entretien du patrimoine ». Toutefois, avait-elle relevé, « les ascenseurs sont porteurs de risques car mal maîtrisés techniquement et soumis comme l’ensemble de ces équipements à des usages intempestifs ».

Le juge d’instruction Jean-Luc Jacob avait commis deux experts dont les conclusions furent accablantes. Selon Me Gilbert Collard, avocat des parents de Bilal, qui avait évoqué les causes supposées de cet accident en sortant du bureau du magistrat en avril 2003, « ce rapport dénonce la manière dont l’appareil a été construit (dans les années 50), puis entretenu, surveillé et contrôlé ».

Exemples de dysfonctionnements cités par l’avocat : « les techniciens n’avaient pas la formation adéquate, des économies étaient faites sur les câbles au risque d’incendie, cet ascenseur se promenait en aveugle et la carte-puce était déréglée. » De fait, « la masse des imprudences, des manquements, des économies est telle que, même s’il y avait eu malveillance, l’accident était inévitable ». AP


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