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La police de la Nouvelle-Orléans minée par suicides et démissions

NEW ORLEANS (AP)

Les ravages causés par l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans s’étendent aux rangs des forces de l’ordre : deux policiers se sont suicidés avec leur propre arme et des dizaines d’autres ont choisi de démissionner.

W.J. Riley, adjoint au chef de la police, a identifié dimanche les deux policiers qui ont retourné leur arme contre eux : Paul Accardo, porte-parole de la police et l’agent Lawrence Celestine, tout deux qualifiés de « flics remarquables » et d’amis.

Interrogé sur les circonstances de leur mort, Riley a pointé un doigt contre sa tempe avant de s’arrêter. « Tous les deux, a-t-il expliqué en secouant la tête. Ils ont utilisé leur propre arme. »

Parmi les 1.600 policiers de la ville, plusieurs dizaines ne se sont pas présentés pour leur service et plusieurs ont choisi de démissionner.

Alors que des rapports ont avancé le nombre de 200 démissionnaires, Riley a insisté sur le fait qu’au moins 100 policiers pourraient être coincés par la montée des eaux chez eux ou dans l’incapacité de se déplacer.

« Nous n’en savons rien », a-t-il reconnu, devant le centre de commandement installé dans l’allée d’un casino.

« Nous avons encore au moins un millier de policiers qui essaient de sauver les gens et de récupérer la ville. Je ne sais pas ce qu’ils pensent. Je ne sais pas ce qui fournit l’adrénaline à ceux qui sont dehors, ce qui les motive », a-t-il ajouté.

Parmi les principaux problèmes rencontrés, les policiers doivent eux-mêmes parcourir la ville pour trouver nourriture et eau, et plus prosaïquement des endroits pour les besoins naturels.

Ils doivent aussi affronter les décès de leurs proches. « Ce qui touche le plus nos policiers, c’est qu’ils ne savent pas où sont leur femme et leurs enfants. Ils n’ont pas de maison... ils n’ont rien », a expliqué Riley.

La fatigue marque le visage et la tenue des forces de l’ordre. Beaucoup de policiers portent T-shirts et jeans apportés par des collègues.

« Nous devons trouver des vêtements pour certains, a poursuivi Riley. La seule raison pour laquelle je porte un uniforme est que je n’ai pas perdu ma maison. »

Certains policiers se sont dits choqués par l’abandon de leurs collègues à un moment où la ville a le plus besoin de sécurité.

« C’est notre endroit, explique un policier sous couvert d’anonymat. J’ai été élevé dans cette ville. Je ne vais pas l’abandonner. Les policiers démissionnient et s’enfuient. » AP


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