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La rue, domicile mixte

Après avoir dénombré les personnes qui n’ont pas de domicile en France (le chiffre de 86 000 avait été discuté par nombre d’associations en 2001, qui le jugeaient très inférieur aux réalités, chiffre réévalué aujourd’hui, de 80 000 à 100 000 personnes), l’Insee s’est intéressé à la composition sociale du groupe qu’elles constituent. Il ressort de l’étude une diversité inattendue de personnes et de situations.

45 % des personnes sans domicile vivent seules, et dans huit cas sur dix ce sont des hommes. 22 % sont de jeunes diplômés, qui peuvent ponctuellement bénéficier d’un accueil en famille ou chez des amis. Les femmes représentent 18 % du total, elles sont dans les trois quarts des situations accompagnées de jeunes enfants, perçoivent des allocations familiales ; ce sont elles alors qui recherchent le plus activement un logement (70 %, contre une moyenne de 50 % dans les autres groupes). 13 % des personnes sans domicile vivent en couples dans la rue, dans la moitié des cas avec des enfants, avec une proportion de ressortissants de pays étrangers plus élevée que dans les autres groupes.

Plus la durée de séjour dans la rue est longue, plus la mendicité est pratiquée. Seuls 15 % des personnes sans domicile y recourent pour trouver des revenus. Mais alors la recherche d’emploi est moins active, ce qui peut être lié au fort pourcentage dans cette catégorie de réfugiés en attente de statut (trois fois plus élevé que dans les autres groupes). Dans les 2 % de personnes âgées de plus de cinquante ans, essentiellement des hommes seuls, qui on rarement vécu en couple, la plupart ne sont pas diplômés, et on trouve « une proportion élevée d’anciens travailleurs immigrés ainsi que des personnes ayant dû quitter leur logement devenu indisponible (fin de bail, destruction) ».

Un quart des personnes sans domicile travaillent en CDI. Selon Bernadette de la Rochère, co-rédactrice de l’étude avec Cécile Brousse : « Le fait d’avoir un emploi recouvre des réalités très diverses : parmi les SDF qui travaillent, il y a des gens qui touchent un très maigre salaire, d’autres qui travaillent sans être déclarés, d’autres encore en intérim, donc par intermittence ». 29 % des SDF sont aussi sans papiers.

D’une manière générale, l’activité de recherche d’emploi de ceux qu’on appelait au XIXe siècle les « chemineaux » est plus soutenue que dans le reste de la population.


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