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Le bal des débutantes, anachronique ?

Samedi, comme d’habitude dans les salons de l’Hôtel Crillon, place de la Concorde, était donné le seizième Bal des débutantes parisien (cette manifestation existe aussi à New York). Dans une prétendue tradition aristocratique, les familles très bien nées présentent au monde leurs jeunes filles chastes âgées de seize à  dix-neuf ans (mais on passe encore à vingt-et-un ans). La parade du luxe des décors, des robes haute couture, des bijoux, trouve sa justification dans des dons importants consentis à des œuvres caritatives choisies chaque année - cette fois, c’est l’association Aide aux jeunes diabétiques qui se trouve enrichie.

De renommée internationale, le bal a attiré cette année Chen Xiaodan, fille du gouverneur de la Banque de Chine, comme Elizabeth Senghor, petite fille du secrétaire général de la Francophonie et ex-président du Sénégal Abdou Diouf, et arrière petite-nièce de Léopold Sédar Senghor, premier président sénégalais et écrivain, en robe pour laquelle Jean-Paul Gaultier a assorti mousselines et applications de peau de crocodile, tout comme Caroline Ghosn au bras de son père et Hannah Olivennes dans les pas de sa mère, l’actrice britannique Kristin Scott-Thomas. Le bal de 2001 avait été une sortie pour Marie de Villepin et pour Barbara Berlusconi, remarquée par ses piercings et en raison de sa solitude -elle n’avait pas voulu de la présence de son père. En 2004, Séverine Breton au bras de Thierry, Arnaud de Villepin et les filles d’Aidan Barclay, président du groupe de presse The Telegraph, de Bernie Ecclestone, le grand patron britannique de Formule 1, du prince Domenico Orsini, de la créatrice japonaise de mode Hanae Mori ont dansé valses et disco. L’année dernière, en compagnie de Molly Flattery, petite-fille de l’acteur Steve McQueen, Ashley Bush, nièce de George W. Bush, a expliqué avec lucidité : « Je suis extrêmement flattée de participer à ce bal qui célèbre la haute couture car je me sens comme Cendrillon vivant un authentique conte de fées. Tout concourt à la réussite de cet événement, le lieu magique, le glamour de la mode et des bijoux, sans oublier une cause humanitaire qui vaut d’être défendue. » On voit que la sélection sociale n’est plus aristocratique, mais bourgeoise, fondée sur l’argent et la puissance.

Le joaillier suisse Adler, qui est sorti victorieux de la compétition lancée lors du retrait de Mikimoto en 2005, précise ses motivations : « En France, ce bal est jugé désuet. Mais à Dubaï, Tokyo, Shanghaï et Moscou, où nous nous développons, nos clients le trouvent féerique. » Le but des grands couturiers est bien la renommée : la manifestation, classée par le magazine Forbes dans les dix « plus belles soirées mondiales », est figée dans les objectifs des photographes, qui diffusent des images du savoir-faire des grands couturiers, des coiffeurs, du joailler auprès des clientes potentielles. Xenia Gorbatcheva ne s’est-elle pas rendue spontanément à l’inauguration du magasin Dior à Moscou, en souvenir de la robe Dior qu’elle avait portée au bal de 2001 ? C’est un argument qui court. Retour sur investissement à moyen terme, mais nécessaire à leur survie, pour les entreprises du luxe, les seuls à gagner immédiatement de l’argent étant les fleuristes, les maîtres de danse, le bureau de presse organisateur et l’agence de presse chargée des photographies.


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