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Le spam, fléau et défi inquiétant

Au début, on prenait la chose un peu à la légère, et pour la nommer on empruntait aux Monty Python le nom d’une conserve de jambon de très mauvaise qualité mise au centre d’un sketch, le Spiced ham, abrégé à partir d’une lecture SPiced hAM, pâté infâme distribué aux soldats des armées américaines. Spam, pourriel, polluriel, spammeur, polluposteur... Et le paronyme scam, pour arnaque, escroquerie, résonne dans spam.  

Aujourd’hui, on ne rit plus du tout. Deux publications, une française, Sécuserve, et l’autre américaine, Postini, sont également alarmantes : le spam aujourd’hui représente 95% du volume global des courriers envoyés sur Internet. La prévision pour 2007est sombre. Et personne ne s’arrête au fait que les deux sociétés qui fournissent ces études sont elles-mêmes des fournisseurs de solutions anti-spams, car chacun constate la réalité de l’évolution dans sa boîte d’e-mails.

Selon Postini, le phénomène s’accélère : une augmentation de 147% en 2006, avec +73% de septembre à novembre : la progression est bien exponentielle. Pour Sécuserve, l’augmentation en 2006 est évaluée à + 95%. Donc certes, les parades sont de plus en plus sophistiquées et performantes, mais le spamming augmente plus fortement que ne progressent les solutions de lutte. Le taux d’interception est passé de 60-70% à 90%.

Philippe Rèbre, directeur technique et responsable du Laboratoire Sécuserve, annonce un avenir problématique : « Nous prédisons en 2007 que le seuil des 99% de spam sera atteint. Ce seuil ne sera pas perceptible directement par les utilisateurs, mais les opérateurs et fournisseurs de services e-mails seront les premiers concernés par cette explosion... ».

Quels sont les facteurs de l’aggravation ? Selon Philippe Rèbre toujours, « l’intérêt économique sous-jacent au spam, la forte croissance du nombre de PC zombies, l’insuffisance des moyens réglementaires ». Les PC zombies, qui diffusent les spams à l’insu de leurs propriétaires, le plus souvent des particuliers mal protégés, sont sources de 30% des flux, la montée en puissance du haut débit et le manque d’efficacité des moyens de sécurité développés par les opérateurs en général aggravant le problème.

La Commission des communautés européennes indique qu’au niveau mondial « le coût du pourriel a été estimé à 39 milliards d’euros. En Europe, il a été estimé à environ 3,5 milliards d’euros en Allemagne, 1,9 milliard d’euros au Royaume-Uni et 1,4 milliard d’euros en France. Le « pollupostage » est désormais considéré comme une activité à part entière, les « polluposteurs » louant ou vendant à des sociétés, aux fins de prospection, les listes d’adresses électroniques qu’ils ont récoltées. » Les lois sont mal appliquées, et la coopération interétatique (européenne et mondiale) fonctionne mal,  une politique internationale de filtrage et une réglementation dissuasive seraient nécessaires.

La lutte est difficile car les cibles sont en mobilité permanente. Pour contourner les filtres, les émetteurs de spam innovent, par exemple en développant le spam image, à peu près inexistant au début de l’année 2006, et représentant un quart des spam aujourd’hui : dans une image sont insérés des textes avec fonds et caractères variés, collage d’extraits de romans au début, à la fin... Ils restent mal détectés. La moitié des spams images sont des messages financiers, et l’étude de Sécuserve montre qu’ils sont productifs : « Nous avons étudié et suivi pendant un mois les différentes valeurs soutenue par ces spam, et nous avons constaté effectivement des progressions sensibles de cours, au moment des campagnes de spam. » Ajoutons l’usage constaté par Panda software d’une publicité subliminale, en septembre dernier : lors d’une campagne vantant l’achat d’actions en ligne, pendant dix à quarante millisecondes, le mot « Buy » était lancé sur fond uni, capté par l’internaute sans qu’il puisse en avoir conscience.

Les solutions restent à trouver.


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