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Le syndrome chinois du Net

Des internautes de Shangaï, Canton, Dalian, Pékin exultent : ils ont à nouveau accès à Wikipedia. Cet accès a été bloqué trois fois au cours des deux dernières années : en juin 2004, à l’occasion du quinzième anniversaire des événements de Tiananmen, en septembre 2004 par intermittence, et du 19 octobre 2005 au 10 octobre 2006. Robin Li, directeur de Baidu, l’encyclopédie en ligne et en chinois concurrente de Wikipedia, a déclaré au financial Times qu’il n’était « pas au courant » du blocage de Wikipedia. Les internautes qui ont témoigné du redémarrage s’interrogent sur le degré de censure très probablement négocié. Pour Baidu, les choses sont claires : Robin Li a expliqué lors du même entretien qu’il ne fallait pas " parler négativement du régime actuel « , » attaquer les institutions gouvernementales « ni » montrer la vie chinoise de manière négative ou désabusée ".

D’une manière générale les autorités chinoises verrouillent Internet, surtout depuis le début de l’année 2004, avec le renforcement des mesures de filtrage, qui ont permis, selon les termes de Reporters sans frontières, « un savant dosage de propagande, de désinformation et de répression pour étouffer la liberté d’expression sur le Net ». Ainsi trois dérives se sont dégagées : « Internet peut devenir un média de propagande sans commune mesure ; Internet peut être totalement contrôlé par le pouvoir si celui-ci s’en donne les moyens ; Internet ne peut à lui seul soutenir de manière significative l’émergence de la démocratie. »

Le nombre d’internautes chinois croît de manière exponentielle, les deux cents millions actuels représentant un doublement d’effectif en un an (20 % de la communauté mondiale Internet). Quatre portails chinois sont entrés dans les dix sites mondiaux les plus visités et occupent les 4e (baidu.com), 6e (sina.com.cn), 8e (sohu.com) et 9e (163.com) places. La cyberpolice est très active, de nombreux outils de surveillance sophistiqués ont été achetés, à Cisco notamment, la communication sur la répression est intense.  Yahoo ! a accepté de censurer lui-même la version chinoise de son moteur de recherche et de contrôler ses forums de discussion, justifiant ce choix par l’argument selon lequel mieux vaut être un peu présent que pas du tout, pour faire évoluer les choses ; Google, Gu Ge, est également présent, à travers une version également censurée : « Afin de travailler à partir de la Chine, nous avons retiré certains contenus des résultats de recherches obtenus sur Google.cn, en application de la législation et de la réglementation locales », et a justifié son choix : « Si le retrait de résultats de recherches est contraire à la mission de Google, ne pas fournir d’information ... est davantage contraire à notre mission. »

La réouverture constatée de Wikipedia ne saurait faire croire à une proche liberté des internautes chinois. En revanche, pour pénétrer le Net chinois à la conquête de parts de marché, bien des entreprises occidentales s’accordent des libertés avec des principes d’Internet.


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