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Le Téléthon, un show immoral ?

La nouvelle offensive vaticane prend pour cible le Téléthon, dans le cadre de la lutte contre toute pratique, directe ou dérivée, de l’eugénisme. Le ton est offensif, même virulent, dans les communications de la commission bioéthique et vie humaine de l’Evêché de Fréjus-Toulon et de la Fondation du professeur Lejeune. Ce qui n’est qu’un « grand show médiatique » obéit à une « stratégie eugéniste », le diagnostic pré-implantatoire servant à « trier les embryons pour éliminer ceux qui sont malades », de façon à « pratiquer des avortements programmés in vitro ou in utero ». Un message sur le site de la Fondation Lejeune relaie l’analyse : on présente, dans une « logique mortifère », des « bébéthons » comme des miraculés de la science, alors qu’ils sont « sains parce que n’ayant jamais été malades, et ne sont que les survivants d’avortements programmés in vitro ou in utero ». La lutte s’inscrit dans une cohérence avec les mesures prises par le Saint-Siège : arrêt de tout soutien à Amnesty international « parce que le bureau de direction a voté la promotion du droit à l’avortement dans le monde », arrêt de toute aide matérielle à l’Unicef dans les années 1990 en raison « des programmes de santé en faveur des droits reproductifs », et le message, intitulé « Il n’est plus possible de participer au Téléthon », rappelle que « le point essentiel est bien que le droit fondamental et primordial à la vie de l’enfant embryonnaire dès sa conception est intangible ainsi que l’a rappelé Benoît XVI ». Alors l’indication est claire : un catholique ne saurait en aucune façon contribuer au Téléthon. . « S’il ne nous appartient pas de juger les Français dont l’élan annuel de générosité et de solidarité est bien souvent sincère, disons tout de suite qu’il ne semble plus possible aujourd’hui de participer au financement de ce grand show médiatique", indique le responsable de cette commission, Pierre-Olivier Arduin, dans le message en ligne. 

L’Association française contre les myopathies (AFM), qui organise le Téléthon, est très directement visée. Un communiqué précise qu’en tant qu’association « laïque composée d’adhérents de toutes confessions, tous directement concernés par la maladie », elle « soutient toutes les pistes thérapeutiques susceptibles d’offrir aux malades une solution dans les années à venir, qu’il s’agisse de la pharmacologie, la thérapie génique, la thérapie cellulaire ou les cellules souches », et que dès lors son combat est « bien un combat pour la vie ». En outre, l’association « respecte les choix individuels et inscrit son action dans le respect de la législation adoptée par la France », en consacrant plus de 60 % des fonds collectés « à la mise au point de thérapies innovantes ». Sa présidente, Laurence Tiennot-Herment, ajoute que  « les principaux objectifs sont de guérir les maladies neuromusculaires mais aussi et surtout d’aider et d’accompagner les familles », et que l’AFM s’engage dans « toutes les pistes thérapeutiques susceptibles d’offrir aux malades une solution dans les années à venir, qu’il s’agisse de la pharmacologie, la thérapie génique, la thérapie cellulaire ou les cellules souche ». Elle le répète : « Le combat de l’AFM est un combat pour la vie. »

En 2006, ce sera la vingtième édition du Téléthon. Trente heures de télévision en direct seront consacrées à la collecte d’argent. Dans le contexte de cette offensive rétrograde des autorités religieuses qui viennent de s’exprimer, on peut souhaiter que la communication, à la télévision, sur les progrès accomplis ne fausse pas les réalités. Le professeur Testard s’en est inquiété il y a quelques années : « La mise en scène triomphaliste de victoires toujours promises sur le malheur est un argument qui ne correspond pas à la rigueur scientifique. Le Téléthon a d’abord présenté des enfants myopathes, appelant à la solidarité des téléspectateurs. Après quelques années, on a pu voir apparaître à l’écran des enfants heureux d’être normaux dont l’existence était annoncée comme consécutive à la générosité du public : ces « bébéthons » étaient en réalité les survivants du diagnostic prénatal, lequel les avait démontrés normaux in utero malgré leur conception par des couples à risques. » C’est l’exemple de raccourci favorable aux émotions mais préjudiciable à la cause défendue.


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