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Le Vlaams Belang, des suffrages mais pas de pouvoir

 

Le vocabulaire des candidats du Vlaams Belang a l’avantage d’être clair, à défaut d’être étendu : les défenseurs de « l’intérêt flamand » associent à l’envi dans une même phrase l’aspiration à la « propreté », le souci de sécurité, le rejet de ceux qui « rejettent, nient ou combattent » la culture flamande, dont fait partie la place des femmes « aux fourneaux ». Le programme annoncé sur le site officiel du parti est de « faire vaciller l’arbre pourri de la Belgique et de provoquer le grand changement dont notre Flandre a tellement besoin ». Le VB n’a pas convaincu autant qu’il le souhaitait : il a remporté dimanche 33,5% des suffrages lors des élections municipales à Anvers (33 % en 2000), score un peu inférieur aux estimations des instituts de sondage, (34 à 38% des voix) et qui le place surtout derrière le parti socialiste flamand SPA du maire Patrick Janssens, qui arrive en tête avec 35,2% des suffrages, ce qui représente une très forte progression par rapport aux 20% obtenus en 2000. Aux régionales de 2004, le Vlaams Belang avait conquis 34,88 % à Anvers. En revanche, dans de nombreuses petites communes flamandes, le Vlaams Belang a nettement progressé, de 6 à 8% en moyenne, sans atteindre son but qui était de parvenir au pouvoir dans plusieurs mairies. Ainsi à Schoten, une banlieue cossue d’Anvers, la liste « VB » conduite par l’ancienne Miss Flandre Marie-Rose Morel est arrivée en tête avec 34,7% des voix, soit dix points de plus qu’en 2000.

La progression du Vlaams Belang -héritier du Vlaams Bloc-  a été constante depuis 1991 : aux élections législatives en pays flamand, 10,4 % des voix, 18 parlementaires fédéraux. En 1994, deux eurodéputés élus, et 28 % aux élections municipales d’Anvers. En 1996, le parti défile le 1er mai en entonnant « Du travail pour notre peuple d’abord ».  

Les adversaires du VB utilisent eux aussi des termes très directs : ils sont convenus d’enfermer le parti d’extrême droite à l’intérieur d’un « cordon sanitaire » pour « contrer la peste brune », et ont réussi dans la mesure où même dans les villes où il obtient de bons résultats, il ne dirige pas. Quatre concerts ont été organisés à Anvers, Bruxelles, Charleroi et Gand, sous l’impulsion du groupe de rock indépendant dEUs. Axelle Red, Hooverphonic, Zita Swoon, Arno ou encore Adamo s’y sont associés. L’action, un grand succès chez les musiciens belges, a vivement contrarié le Vlaams Belang. Filip Dewinter a compris les intentions : « Ils organisent un concert pour la tolérance à huit jours des élections. Et ça n’a rien à voir avec le Vlaams Belang ? Vraiment ? Est-ce que je suis aveugle ? ».

Si le moment est au soulagement pour de nombreux Belges qui avouaient ne pas savoir jusqu’où la progression irait, il n’en reste pas moins que le VB a conquis un tiers des électeurs d’Anvers, même si lors d’un sondage préélectoral, seuls 16 % d’entre eux disaient souhaiter que le VB exerce effectivement des responsabilités municipales.


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