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Les familles des victimes du crash de la West Carribean réunies au Venezuela

MARACAIBO, Venezuela (AP)

Emus, une centaine de Martiniquais se sont rendus vendredi à Maracaïbo, au Venezuela, où sont conservés les corps de leurs proches décédés mardi dans l’accident du MD-82 qui reliait Panama à Fort-de-France. Un hommage national sera par ailleurs rendu mercredi prochain à Fort-de-France en présence du président Jacques Chirac.

Si l’ensemble des corps ont été récupérés par les militaires vénézuéliens, seule une dizaine ont été identifiés, a précisé le ministre français de l’Outre-mer François Baroin. Mais les familles n’ont pas reçu l’autorisation de voir les dépouilles et seuls quelques effets personnels leur seront soumis. Du reste, étant donné l’état de certains corps, il faudrait recourir à l’ADN pour identifier les restes.

Arrivés très tôt de Fort-de-France, certains pleuraient, d’autres semblaient encore sous le choc. Conduites en autocar à la faculté de médecine de Maracaïbo qui sert de morgue, les familles des victimes ont été regroupées en fin de matinée dans un grand hall en plein air de la faculté.

Après une prière, une séance de questions-réponses très tendue s’est ouverte entre les familles, l’ambassadeur de France Pierre-Jean Vandoorne et le représentant de la Sécurité civile vénézuélienne Luis Diaz.

Tandis que des gerbes de fleurs étaient déposées, les familles ont posé des questions aux représentants : "Combien de temps cela a pris pour arriver jusqu’au lieu du crash ?" ou encore "Qu’allez vous trouver dans les boîtes noires ?"

Plusieurs personnes ont notamment protesté contre l’interdiction de voir les corps et les objets personnels des victimes. L’ambassadeur a répété à plusieurs reprises qu’il ne pouvait pas empiéter sur l’instruction en cours et l’agacement des familles est allé grandissant. Certaines personnes ont crié ou se sont effondrées en larmes. "Pourquoi est-ce qu’ils nous cachent tout ? Ils nous avaient promis une complète transparence !", a-t-on notamment pu entendre.

"La coopération entre les autorités françaises et vénézuéliennes est totale, car elle a été décidée au plus haut niveau de l’Etat et il y a une complète relation de confiance", a déclaré l’ambassadeur. Onze membres des familles ont toutefois pu survoler par hélicoptère le site du drame près de Machiques, dans le nord-ouest du Venezuela. Une messe devait se dérouler en fin d’après-midi à Maracaïbo.

Nathalie Crétinoir, 36 ans, ne cachait pas ses larmes, elle qui a perdu sa mère âgée de 56 ans. "Je voulais espérer voir son corps, ou au moins une partie de son corps, ou même quelques-uns de ses effets personnels. On m’a dit que je ne verrai rien. Maintenant, mon seul espoir, c’est qu’au moins au Venezuela quelqu’un me dise qu’ils l’ont retrouvée", a confié cette employée de banque.

Même douleur pour Rose-Marie Pélican, une employée des Impôts âgée de 51 ans, qui a perdu sa soeur, Marie-Annick Taupin, 50 ans, et sa nièce Elodie Maquiava, 18 ans. "Quand on voyage, on confie sa vie à des gens dont on ne sait rien. Ma soeur s’était battue pour sauver sa vie, elle venait de se remettre d’un cancer et quelqu’un d’autre la lui a prise. Il faut trouver le coupable", a ajouté Mme Pélican, en pointant du doigt la compagnie colombienne West Caribbean Airways.

Pendant ce temps, une quarantaine de Martiniquais de métropole ont emprunté vendredi après-midi un vol Orly/Fort-de-France affrété par l’Etat, qui a pris en charge leur billet aller-retour. Tôt samedi matin, ils devraient gagner Maracaïbo avec M. Baroin et d’autres membres de familles n’ayant pu monter à bord du premier avion parti tôt vendredi et affrété par le conseil régional de Martinique.

Sur place, les enquêteurs prévoyaient d’examiner les deux moteurs "pour vérifier s’il y a vraiment eu une panne des deux réacteurs", a déclaré le lieutenant-colonel Lorllys Ramos Acevedo, directeur du Bureau enquête accidents vénézuélien. La piste d’une pollution du kérosène est également étudiée mais les autorités panaméennes ont assuré n’avoir trouvé aucune trace de carburant pollué.

En France, une messe a été célébrée vendredi après-midi à Lyon et une autre le sera mercredi prochain en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ce jour-là, les drapeaux seront mis en berne sur tous les édifices publics en France, tandis que le président Jacques Chirac assistera à Fort-de-France à une "cérémonie d’hommage national" aux victimes de la catastrophe aérienne. AP


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