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Les salles de shooting arrivent en France ?

On les appelle aussi « centres de consommation supervisés » (CIS). Ces lieux sont des structures où les usagers de drogues par injection peuvent venir s’injecter des drogues – qu’ils apportent – de façon plus sûre et plus hygiénique, sous la supervision d’un personnel qualifié.
 
Ce sont également des outils de lutte contre l’augmentation de la toxicomanie et la transmission d’infections telles que les hépatites et le VIH. Ils sont actuellement expérimentés dans huit pays d’Europe.
 
Lors de la 18e conférence mondiale sur le sida qui se tient à Vienne, la ministre de la santé, Roseline Bachelot, s’est déclarée favorable à leur mise en place sur le territoire français. Une décision controversée.

« Pour les usagers de drogues, la France doit avoir une action renouvelée afin de mener une politique performante de réduction des risques [...],En tant que Ministre de la santé, mon rôle est de protéger la santé de tous, notamment des usagers de drogues en faveur desquels la France mène une politique de réduction des risques depuis vingt ans.
 
Or, les derniers chiffres montrent que cette politique de santé publique se heurte à certaines limites avec près de 60% des usagers de drogues atteints d’hépatites C, la reprise récente des contaminations par le VIH et la remontée du nombre d’overdoses mortelles.
 
Pour dépasser ces limites, il nous faut donc apporter de nouvelles réponses », explique Roseline Bachelot.

Ces solutions seraient l’ouverture de CIS. Inédits en France, à l’exception de Paris qui les a mises en place à l’initiative du député PS Jean-Marie Le Guen, ces centres sont bien connus en Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Suisse.
 
La décision de la ministre de la culture s’appuie sur un rapport commandé à l’Inserm dans lequel l’Institut national de la santé et la recherche médicale souligne notamment que les CIS sont capables d’attirer des usagers injecteurs très vulnérables et cumulant les risques (sans domicile fixe, injection fréquente et/ou sur la voie publique, antécédents d’overdose récente, porteurs de maladies infectieuses, échec de traitement de la dépendance…), qu’ils ont fait la preuve de leur capacité à assurer un fonctionnement stable, garantissant de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité pour les usagers et le personnel et qu’ils assurent une promotion de l’hygiène de l’injection.

Il y aurait en France entre 210.000 et 250.000 « usagers problématiques de drogues » longtemps appelés toxicomanes, utilisant héroïne, cocaïne, amphétamines, etc.
 
Il s’agit d’une population aux trois quarts masculine, souvent affectée de troubles psychiatriques, et en difficulté sociale. Le risque de décès dans ce groupe est cinq fois plus élevé que pour la tranche d’âge équivalente. Près de 60% de ces « usagers » seraient concernés par l’hépatite C, 11% par le virus du sida, 8% par l’hépatite C.

Rien ne s’oppose donc à l’ouverture de ces centres réclamés de longue date par les associations. Rien sinon l’opinion publique. Pour parer à d’éventuelles critiques, la ministre tient à préciser que « ces dispositifs n’ont pas pour but de dépénaliser l’usage de drogue. »
 
Il s’agit, explique t-elle, « avant tout, d’un enjeu sanitaire qui est suffisamment crucial pour que nous nous mobilisions tous ensemble pour aboutir à des projets consensuels. »

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