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Les voleurs n’étaient pas des amateurs d’art

Qu’est-ce qui a bien pu pousser trois hommes armés à s’emparer de quatre tableaux de maîtres dimanche à Zurich pour une valeur de 180 millions de francs suisses. Selon la presse helvète, il s’agirait du vol d’œuvres d’art le plus important jamais commis en Suisse.

Ces tableaux - Garçon au gilet rouge (Cézanne, vers 1888), Ludovic Lepic et ses filles, (Degas, 1871), Champ de coquelicots près de Vétheuil (Claude Monet, 1880) et Marronnier en fleurs attribué à Van Gogh (1890) - sont invendables car trop connus.

Mais surtout c’est le mode opératoire choisi par les voleurs qui pose question. Ça commence « classiquement », comme un casse banal : « ils ont fait irruption dimanche 10 février, vers 16 h 30, dans la grande maison patricienne du quartier du Seefeld, sur les hauteurs de Zurich, qui abrite une partie des tableaux de la collection Bührle. Sous la menace, ils ont fait s’allonger la quinzaine de personnes présentes, visiteurs comme gardiens. Pendant qu’un d’eux les tenait en respect, les deux autres ont décroché quatre tableaux », rapporte Le Monde.

Ils sont partis avec les tableaux dépassant du coffre de leur voiture, comme s’il revenait d’un vide-grenier. Pourquoi quatre tableaux et pas plus ? Parce que, d’après les témoins, ils ne pouvaient en emporter plus...

Ce qui est moins classique c’est le choix, hasardeux selon les enquêteurs, des œuvres dérobées. D’après le directeur de la collection Bührle, Lukas Gloor, les voleurs auraient ignoré des œuvres encore plus chères qui se seraient trouvées dans la même pièce. La collection est l’une des plus importantes d’Europe dans le domaine de l’art impressionniste. Elle compte des tableaux liés à cette période dont « sept Van Gogh, autant de Cézanne, six Degas et cinq Monet », précise Le Monde.

Seul signe du professionnalisme de ces voleurs qui parlaient allemand avec un accent slave, ils ont agi avec célérité, en trois minutes grand maximum. Les tableaux étaient reliés par une alarme aux services de police, mais celle-ci n’a pas pu intervenir à temps.

Les vingt-cinq volumes publiés en 2002 par la Commission indépendante d’experts suisses sur la Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale citent souvent Bührle, en soulignant aussi sa soif d’achat d’œuvres d’art durant cette période. Il a d’ailleurs été contraint de restituer treize œuvres qui figuraient sur les listes des biens spoliés aux Juifs par les nazis.

S’il est impossible que ces œuvres trouvent des acquéreurs, car bien trop célèbres, les enquêteurs pensent que les voleurs vont faire chanter leurs propriétaires aux assurances. "C’est une forme de chantage, de l’artnapping, et il n’est pas exclu qu’une demande de rançon soit faite. On connaît aussi le système d’échange contre d’autres biens en provenance d’activités criminelles, comme de la drogue ou des armes. De tels cas ont été signalés en Amérique latine et en Floride", a expliqué Yves Ficher, de l’Office fédéral de la culture, à la Radio suisse romande.


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Babar

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