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Logiciel, réalités et coup médiatique

Dans l’édition que l’hebdomadaire Le Point a livrée hier à ses lecteurs, un « palmarès » (mot osé par Le Monde) des établissements scolaires « les plus dangereux » est imprimé. La méthode de classement de ces écoles, collèges et lycées est reprise du logiciel SIGNA, utilisé depuis 2001 à l’initiative du ministère de l’éducation nationale. Une typologie des incidents et violences est fournie.

Tous les deux mois, chaque établissement doit renseigner le logiciel, même en l’absence d’incident. Dans le primaire, c’est l’inspecteur en charge de la circonscription qui collecte les informations données par les directeurs d’écoles et les transmet ; dans le secondaire, ce sont les chefs d’établissements qui s’en chargent. Le fait recensé est caractérisé par des informations précises (type, auteur, victime, âge, sexe, statut, lieu de commission, suites internes...) mais non nominatives.
Des fiches sont disponibles
Le but officiel est de « rationaliser les dispositifs d’enquêtes sur les faits de violence en milieu scolaire ».

Seulement voilà : ce logiciel, il est très diversement « renseigné » : d’une académie à l’autre, le taux de réponse varie : ainsi on se félicite sur le site de l’académie de Clermont-Ferrand : « Le taux de renseignement dans l’académie a toujours été croissant depuis la mise en ligne du logiciel », pour la raison expliquée : « L’outil SIGNA est un tableau de bord partagé et non une évaluation des équipes, c’est pour cette raison que nous parvenons à obtenir leurs témoignages, de plus en plus aisément. »

http://www.ac-clermont.fr/viescolaire/

Dans certains établissements, on tait les incidents : les responsables administratifs et pédagogiques peuvent y voir l’image d’une faiblesse ou d’un échec de leur part, ou considérer que la réputation de l’établissement en souffrirait, handicapant le recrutement à venir de « bons élèves », ou préférer le silence pour ne pas envenimer les choses, ou parce qu’on se dit que ça ne sert à rien et qu’on a d’autres priorités... On ne sait. Mais on observe qu’en Seine-Saint-Denis, le taux de non-réponse est quasiment de quatre fois supérieur à la moyenne nationale... Et les chiffres n’intègrent pas le nombre d’élèves accueillis dans chaque établissement...

Alors, que ce logiciel soit utile aux services de l’éducation nationale, pas de doute. Qu’il enregistre fidèlement les réalités turbulentes et violentes des établissements scolaires et permette de les étiqueter selon le degré d’harmonie qui y règne : sûrement pas. Que la presse se soit ici emparée, au terme de plus d’un an d’efforts jusqu’à un recours devant un tribunal administratif, de données sensationnelles, susceptibles de nouer bien des estomacs à la veille de la rentrée scolaire, et propres à attirer de nombreux lecteurs, certainement.


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