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Accueil du site > Actualités > Actu en bref > Maïs transgénique MON810 : pas de moratoire

Maïs transgénique MON810 : pas de moratoire

Suite à la demande conjointe du ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et des Transports, Alain Juppé et du ministre de l’Agriculture et de la Pêche Christine Lagarde, l’avis de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) est tombé hier, jeudi 14 juin : le maïs OGM Mon 810 n’aura pas de moratoire. Jugeant "qu’il n’y a pas à ce jour d’éléments de nature à remettre en cause l’évaluation environnementale de ce maïs", la CGB juge l’OGM Mon 810 inoffensif pour les animaux et les autres cultures, selon un communiqué commun aux deux ministres Alain Juppé et Christine Lagarde.

Bien qu’il soit interdit en Allemagne, le maïs Mon 810 continuera à être cultivé en France et vendu pour l’alimentation animale.

Ce maïs est autorisé depuis presque de 10 ans (1998) dans l’Union Européenne et ce via un rapport de la CGB rendu en 1996 favorable à sa commercialisation.

Mais à quoi sert le maïs Mon 810 ? Il permet de protéger les cultures de la pyrale de maïs qui provoque des dégâts significatifs sur les culture, car il s’agit d’un insecte dont les larves se nourrissent de l’intérieur des tiges de la plante. Ainsi, en France, c’est un peu plus de 30 000 hectares de cette variété qui sont cultivés selon les dires des semenciers et des ONG.

Suite à l’avis de la CGB, Alain Juppé et Christine Lagarde annoncent avoir "pris acte de l’avis rendu par la CGB", mais assurent qu’ils feront preuve d’une "grande vigilance sur la manière dont sont conduites en France les cultures d’organismes génétiquement modifiés".

Mr Juppé avait déclaré auprès d’un journal qu’il pourrait instaurer un moratoire pour le Mon 810 en mentionnant comme exemple l’Allemagne : « L’Allemagne vient de suspendre l’autorisation du Mon 810. Dans ce cas précis il faut s’inspirer du cas allemand » ; contrairement à Mme Lagarde qui portait un discours plus nuancé en précisant qu’il ne fallait « pas se précipiter. Il faut se donner le temps de la réflexion ». Elle précise suite à la parution du rapport favorable de la CGB que « la culture de Mon 810 ne sera pas interdite, parce que la CGB dit qu’il n’y a pas de danger ».

Cette récente évaluation résulte à la récente étude publiée par Greenpeace. Selon l’ONG écologiste, la quantité de toxine insecticide Cry1Ab produite par l’OGM Mon 810 avait tendance à être instable d’une plante à l’autre, et inférieure à la quantité promise par Monsanto. Suite à la publication fin mai de ce rapport, l’Allemagne a instauré un moratoire sur la vente de semences de Mon 810 et visant à développer un plan d’observation des champs déjà plantés.

L’ONG Greenpeace avait considéré la problématique du maïs transgénique Mon 810 comme « figure de premier test de l’engagement écologiste du gouvernement ».

Selon Arnaud Apoteker, responsable des campagnes OGM de l’ONG, « le risque du Mon 810 est totalement indéterminé, sur la chaîne alimentaire et sur les écosystèmes. Les études totalement insuffisantes de toxicité manquent absolument de pertinence », tout en précisant que l’Allemagne avait pris "une clause de sauvegarde" qu’il fallait "faire valider au niveau européen".

Suite à l’évaluation de la CGB favorable à la poursuite de la culture et de la vente du maïs Mon 810, Arnaud Apoteker a pointé du doigt « les lobbies de l’agriculture intensive » qui ont selon lui « plus de poids que la protection de l’environnement ».  Il considère que l’avis de la CGB "n’explique aucunement les anomalies constatées dans le comportement pesticide de Mon 810".

L’étude commandée par Greenpeace présenterait l’existence de nouveaux éléments concernant le Mon 810. cependant, le groupe Monsanto France avait suggéré à l’organisation « de la soumettre aux autorités réglementaires et scientifiques françaises ou européennes » ; « la variabilité de plante à plante est un phénomène banal dans les systèmes biologiques, l’environnement ayant naturellement un effet sur les organismes vivants et sur leur métabolisme".

L’absence de moratoire à l’encontre du Mon 810 et l’acceptation par la France et l’ensemble des décisionnaires européens d ‘un seuil de tolérance de 0.9% d’OGM dans les produits bio révèlent une certaine incohérence ne risquent pas d’atténuer l’hostilité des Français aux plantes transgéniques.

Une labelisation bio pouvant contenir jusqu’à 0.9 % d’OGM pose problème à Alain Juppé. : selon lui, "par définition, les produits bio, les produits de qualité sont sans OGM". Il ainsi fait la promesse de "regarder si au niveau du règlement d’application (...) on ne peut pas faire en sorte que nous puissions en France continuer à produire des produits bio sans OGM" en précisant que "tout le monde se met à ces cultures OGM au motif que c’est le progrès et c’est la productivité. Peut-être que la qualité pourrait être la carte française. C’est une dimension qu’il faut intégrer dans nos réflexions".

 


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