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Accueil du site > Actualités > Actu en bref > Minarets : la Suisse laboratoire de l’islamophobie ?

Minarets : la Suisse laboratoire de l’islamophobie ?

Dimanche, les citoyens suisses ont voté à 57% contre la construction de minarets sur le territoire national. Le résultat de ce vote a bien sûr été commenté en Europe, et particulièrement en France.

C’est la droite conservatrice, Union Démocratique du Centre (UDC) et Union Démocratique Fédérale (UDF) qui ont lancé cette initiative de référendum populaire. Ils ont déposé cette demande le 8 juillet 2008.

« Le référendum est facultatif pour tout projet de loi ou arrêté adopté par l’Assemblée fédérale ; c’est dire que l’objet en question est soumis au vote du peuple (majorité du peuple seule) si 50 000 citoyens le demandent en signant un formulaire ad hoc. En cas de modification constitutionnelle et en cas d’adhésion à un organisme supranational, le référendum est obligatoire. Le référendum obligatoire exige la majorité du peuple et des cantons, tandis que le référendum facultatif n’exige que la majorité du peuple ». L’UDC et l’UDF étaient forts de 113 000 signatures lorsqu’ils ont effectué cette demande.

Le site Rsr remarque que « le Conseil fédéral avait, de manière inhabituelle, marqué fermement son opposition le jour même de son dépôt. Les Chambres fédérales proposent aussi son rejet, mettant en garde contre les conséquences sur la paix religieuse et en matière de politique extérieure et que la question de la recevabilité du texte a aussi été controversée, d’aucuns estimant qu’il viole le principe de la liberté de croyance et de conscience. »

Pour les deux partis conservateurs et nationalistes, « l’initiative contre la construction de minarets a pour objectif, selon ses partisans, de lutter contre « l’islamisation rampante » de la société. Ils affirment ne pas être opposés aux mosquées en soi, mais jugent que celles-ci n’ont pas besoin d’être flanquées d’un tel symbole » souligne Rsr.

La presse Suisse s’est faite largement écho de cette décision. Le site de la TSR reoprend les principaux arguments : Pour le Temps, qui exprime l’opinion générale du pays, c’est « un coup de massue ». L’éditorialiste du Matin note qu’ « il y a des résultats de votation qui font mal » et se demande « comment quatre minarets peuvent faire peur ».
 
D’autres, comme l’éditorialiste de l’Express et de l’Impartial « voit dans le vote des Suisses un mélange d’irrationalité et d’intolérance. Une xénophobie basée sur la peur ». Pour la Liberté, « en acceptant une initiative à la validité contestable, le pays s’est payé un luxe démocratique au moment où tant d’autres défis sont à relever, déplore ». Pour autant, déplore Le Courrier, la Suisse devientelle le « laboratoire de l’islamophobie » ? Ce n’est pas fini. Fort de ce référendum, Christophe Darbellay, président du Parti Démocrate-Chrétien a déclaré, selon TSR, qu’il allait proposer à ses collègues du parlement d’interdire le port de la burqa. Quant au Parti évangélique il souhaite « inscrire l’empreinte chrétienne dans la Constitution helvétique ».

Pour 24 heures, « le nouveau défi des autorités sera de gérer la lourde entreprise de déminage après ce vote. A voir comment elles s’y sont prises pour contrecarrer l’initiative anti-minarets, pas sûr que le gouvernement dispose des outils adéquats pour arriver à ses fins ».
 
En Europe, les premières réactions sont venues d’Allemagne et de France. Wolfgang Bosbach, responsable de la commission des affaires intérieures du Parlement, affirme, dans le Hamburger Abendblatt : « cela fait des années que je constate un grand écart entre l’opinion publique et les autorités" à ce sujet, a-t-il expliqué, rappelant les "vives oppositions" que quelques projets de construction de grandes mosquées, notamment dans la Ruhr (ouest du pays), ont rencontré » (source Rsr).

Le même responsable explique que « critiquer la décision suisse serait contre-productif. Ce résultat traduit la peur d’une islamisation de la société, et "cette crainte doit être prise au sérieux" ».

En France, tout autre son de cloche. Fidèle à sa tradition d’ingérence humanitaire, le ministre des affaires étrangères par intérim (il s’est plaint ce lundi sur RTL de la place que prend Claude Guéant dans ce domaine), Bernard Kouchner cherchait les mots « radiophoniquement corrects » pour exprimer sa pensée. « "Je suis un peu scandalisé par cette décision, explique le ministre sur l’antenne de RTL ce matin. Je n’ai pas à qualifier cette votation (...)Je pense qu’elle est négative (...]. C’est aussi le danger des votations populaires", a t-il déclaré en substance.

 

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