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Nicolas Hulot, zoon politikon

Face à cet « animal politique » qu’Aristote voyait en chaque homme, le monde politique s’agite, manifeste des troubles : il ne faudrait pas que les électeurs soient par trop attirés par un citoyen non adoubé dans la sphère des responsabilités institutionnelles, et on entend bien des voix s’exprimer pour à la fois l’intégrer au fonctionnement établi et le mettre en garde contre un supposé angélisme : Dominique Voynet souhaite sa présence aux côtés des Verts, Laurent Fabius lui réserverait le rôle de vice-candidat, Ségolène Royal l’invite à rejoindre son équipe, Roseline Bachelot lançait une pique ce matin sur France 2, en appelant à la distinction entre l’action responsable et le « faut qu’on-y a qu’à », Noël Mamère, dans une longue tribune confiée à Libération le 6 août, lui reprochait son discours « monothématique » et prévenait lui aussi que « la notoriété et la sympathie sont un capital fragile dès qu’on se jette dans l’arène politique ».

Aux yeux des citoyens, Nicolas Hulot paraît-il si inexpérimenté, naïf et polarisé sur la préoccupation écologique ? Son discours et son comportement ne conduisent guère à de telles perceptions. Les objectifs mis en valeur dans Le Pacte écologique, publié aujourd’hui, reprennent les thèmes déjà mis en valeur sur le site de la Fondation Hulot : le développement durable -économie, transports, énergie...-, le rôle de l’agriculture, la biodiversité, la démocratie participative, la recherche, la santé, l’importance de l’éducation et de la sensibilisation à la vie de la planète et à la vie de tous les hommes.

La portée du Pacte dépasse la question strictement écologique, parce que « l’ensemble des facteurs de la crise écologique amplifie les tensions et en génère de nouvelles : insécurité sociale et sanitaire, fragilisation économique, migrations internationales, conflits pour l’accès aux ressources. » Tout est lié, et « loin d’ignorer les enjeux sociaux et les inégalités mondiales, l’impératif écologique permet de les prendre en compte pour éviter de les aggraver. » Ainsi la résolution des problèmes écologiques s’inscrit dans la politique générale, non comme « une » priorité, mais comme « la » priorité, « ni à gauche, ni à droite, mais au-dessus ». Et le discours peut passer à la promesse d’un avenir meilleur : la « révolution écologique est porteuse de nouvelles activités, d’une nouvelle ère économique et sociale, et d’améliorations de la condition humaine. » Un tel discours est troublant pour la classe politique, dans la mesure où il implique une recomposition totale des programmes de gouvernement, mais clair et attractif pour bien des citoyens.

Le comportement individuel de Nicolas Hulot semble aussi convenir aux électeurs. Selon ses propres termes, son équipe donne « tous les outils aux candidats », et parallèlement exerce une pression pour faire avancer sa cause, à travers différents modes d’action définis comme strictement opérationnels : en maintenant l’hypothèse d’une candidature, en publiant les positions de chaque candidat à la présidentielle - il suffit à l’internaute de cliquer sur la galerie de portraits pour les connaître -, en invitant expressément les autres candidats à rendre sa propre candidature « inutile », car celle-ci serait la marque d’un « échec cinglant de notre société ». Preuve que Nicolas Hulot ne mélange pas les rôles, quand bien même 43 % des Français le verraient volontiers candidat.  


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