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Accueil du site > Actualités > Actu en bref > Nicolas Sarkozy gagne t-il la partie ?

Nicolas Sarkozy gagne t-il la partie ?

Tout a commencé hier. Les grèves dans les transports ? Non, les négociations pour que ces grèves ne durent pas. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a demandé à être reçu mardi 13 novembre en fin d’après-midi par le Ministre du travail, Xavier Bertrand. « Longue rencontre - presque deux heures -, rapporte Le Figaro, au cours de laquelle le leader de la CGT a proposé des négociations tripartites (État, salariés, entreprises), mais régime par régime, « dans un délai d’un mois »...Le ministre du Travail a « pris acte » et dit sa volonté de « trouver une issue le plus rapidement possible ».

C’est une grève ? Non sire, c’est une révolution. Mais pas celle qu’on croit. Car il est rarissime qu’un leader de la CGT prend une telle initiative. Au risque d’un grave conflit...au sein même de son propre camp et avec la base. « Or, rappelle Libération, ce sont les assemblées générales dans les dépôts, à la SNCF comme à la RATP, qui vont décider de la reconduction ou non du mouvement. » Quant à la branche « dure » de la CGT, la fédération des transports, elle ne voit pas ce cavalier seul de Bernard Thibault d’un bon œil. « En 2003, il y avait eu une longue phase de discussion tripartite et une négociation », rappelait hier Bernard Thibault, renouvelant la demande de réunion à trois, pouvoirs publics, employeurs, syndicats qu’il avait formulée vendredi. Mais, rappelle Libération, il l’a cette fois nuancée, acceptant qu’il n’y ait plus une négociation unique, - qui ne pouvait porter que sur les principes de la réforme -, mais des « cycles de négociation avec les directions d’entreprises et les représentants de l’Etat sur chacun des régimes spéciaux ».

Ce qui est fragilisé aujourd’hui, ce n’est pas le gouvernement, mais la cohérence même de la CGT. Bernard Thibault, en négociant la non-reconductibilité de cette grève, se met à l’écoute des français dont tous les baromètres indiquent qu’ils sont moyennement pour (ou contre, selon où l’on se place). « Il y a depuis le début de la semaine, 6 sondages qui ont été publiés, il y en a trois spécialement ce matin, un dans Le Figaro, un dans Le Point, un dans l’Express, et les résultats sont étonnamment convergents. Il est clair qu’une nette majorité de Français est favorable à cette réforme, est partisan de l’harmonisation du régime des retraites, et croit que le gouvernement va aller jusqu’au bout de la réforme, c’est donc incontestablement un handicap pour les syndicats au début de ce qui va être un conflit essentiel » explique Alain Duhamel sur RTL.

Un soutien très faiblard des Français, donc. Ceux-ci, d’un côté comme de l’autre, à l’exclusion de ceux qui sont directement concernés par la réforme des régimes spéciaux (et encore ne se rangent-ils pas en majorité derrière les grévistes), lorgnent du côté de leur pouvoir d’achat et, régimes spéciaux ou non, ce n’est pas cette réforme ou cette absence de réforme qui va remplir leur porte-monnaie. Nicolas Sarkozy s’il sort vainqueur de ce bras-de-fer devra prendre garde à ne pas bomber le torse et à écouter cette sourde demande qui émane du peuple.

Pour l’heure, en dansant d’un pied sur l’autre, quel message la CGT envoie t-elle aux Français ? Un message brouillé, contradictoire, un signe d’indécision. En face Nicolas Sarkozy joue sur du velours : il a été élu notamment parce qu’il a promis de réformer les régimes spéciaux des fonctionnaires. Nicolas Sarkozy souhaite, rapporte Libération, que « les négociations s’ouvrent rapidement. Le président de la République a dressé la liste des points qui devraient être abordés, citant notamment « la pénibilité, l’emploi des seniors, l’aménagement des fins de carrière, le régime additionnel de retraites sur les primes, les avantages familiaux et conjugaux ».

Pour le gouvernement on le sent bien, c’est presque trop beau pour être vrai. Nicolas Sarkozy n’a pas encore gagné la partie et il manquerait plus qu’il lance une bourde, comme il l’a fait avec un marin-pêcheur la semaine dernière, que les CRS s’en prennent violemment aux étudiants qui bloquent de plus en plus de facs, pour que cela mette le feu aux poudres. Rien n’est donc terminé et la grève du 20 novembre est également déterminante tant pour le gouvernement que pour les grévistes. Quant au Premier ministre il doit aussi jouer très finement. Libération rappelle que « le discours que François Fillon tenait encore hier après-midi aux députés n’est pas fait pour calmer le jeu. Répondant lors des questions d’actualité à François Hollande, le chef du gouvernement a évoqué « les millions de Français risquant d’être privés d’une liberté fondamentale, celle de se déplacer, et parfois même celle de travailler ». En opposant ainsi les usagers aux grévistes, il risque d’exacerber la colère des cheminots. »

Si tout va bien, explique encore Libération, « les principales organisations syndicales pourraient jeudi ou vendredi suspendre leur mot d’ordre, quitte à déposer un nouveau préavis de grève quelques jours plus tard si les négociations achoppaient. Cette piqûre de rappel pourrait coïncider avec la journée d’action des fonctionnaires, le 20 novembre. La vraie difficulté, pour la CGT, sera d’obtenir dans la négociation des concessions suffisantes pour calmer ses troupes. »

Pour l’instant, tout va bien...


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