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Accueil du site > Actualités > Actu en bref > Pêcheurs d’Islande, pourquoi les baleines ?

Pêcheurs d’Islande, pourquoi les baleines ?

La chasse à la baleine est un sujet hautement sensible dans l’opinion publique internationale. La baleine fait partie des espèces menacées de disparition pour lesquelles on s’émeut (à la différence du thon rouge de Méditerranée, dont l’extinction annoncée laisse plutôt indifférent). Un moratoire international avait été imposé en 1986 par la Commission baleinière internationale (CBI), interdisant la chasse à la baleine. La Norvège ne l’a pas respecté. En 2003, l’Islande a fait comme le Japon, en pratiquant une pêche à des « fins scientifiques », motivation tolérée par la CBI. Aujourd’hui le pays rappelle la décision prise en 2004 d’une reprise en 2006 de la chasse à des fins commerciales, en insistant sur les précautions dont il s’entoure. Le ministre islandais des Pêcheries indique qu’il y a dans les eaux côtières plus de 43 000 petits rorquals et 25 000 rorquals communs, et qu’en conséquence une pêche limitée n’est pas en contradiction avec le principe de développement durable. Le programme de pêche limite en effet à neuf rorquals communs et trente petits rorquals le prélèvement d’ici à août 2007.

Pourquoi cette pêche ? Les Islandais ne consomment presque plus de baleine : selon un sondage commandité par l’association IFAW, seuls 1,1% d’entre eux mangent de la viande de baleine au moins une fois par semaine, et 82,4% des 16-24 ans n’en mangent jamais. Le gouvernement islandais précise dans un communiqué que la « chasse est destinée à l’exportation ». Le marché japonais est une destination recherchée, les prix étant élevés (trois fois plus élevés qu’en Norvège, par exemple). Mais la Convention internationale sur les espèces en danger, qui bloquait de telles exportations, tend à assouplir ses règles. L’Islande doit affronter des difficultés économiques liées notamment à la construction de barrages hydroélectriques de très grande ampleur, qui peuvent ne pas être étrangères à cette recherche de ressources.

Nelly Ollin, ministre de l’écologie, a condamné cette décision : « Le moratoire de 1986 interdisant la chasse commerciale se trouve une nouvelle fois bafoué, tout comme il l’est déjà au travers des chasses scientifiques pratiquées par le Japon depuis plus de seize ans et plus récemment par l’Islande, dont les véritables motivations n’ont rien à voir avec la science. » Pour le Dr. Joth Singh, directeur de la protection de la faune et de l’habitat d’IFAW, la chasse commerciale est une industrie « obsolète et inutile qui aurait dû cesser il y a un siècle tout comme l’utilisation des lampes à huile de baleine. Le gouvernement islandais devrait soutenir l’industrie croissante et florissante de l’observation des baleines sur ses côtes plutôt que d’engloutir des fonds et sa réputation politique dans la promotion de la chasse. » Le gouvernement islandais est précisément le plus sensible des trois pays chasseurs de baleine à l’opinion publique internationale, et fait observer que seule une désinformation expliquerait la baisse de fréquentation des sorties touristiques d’observations des mammifères marins, opérations très lucratives en raison de leur succès sans cesse croissant.

Enfin les méthodes de chasse sont dénoncées, depuis longtemps. La technique la plus utilisée est le harpon à tête explosive, sinon ce sont des fusils de gros calibre ou d’autres types de harpons, tous instruments qui provoquent, selon les détracteurs, de lentes agonies.

La prochaine session de la CBI doit se tenir à Anchorage, en Alaska, du 28 au 31 mai prochain.




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