Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Actu en bref > Rapport de forces Est-Ouest à Bucarest

Rapport de forces Est-Ouest à Bucarest

 

Ce n’est pas un simple incident diplomatique, et ce n’est pas une omission inattendue. « Contrairement aux us et coutumes internationaux », le chef de l’Etat libanais indique qu’il n’a pas été invité au sommet de la francophonie par la Roumanie, et comme la règle constitutionnelle interne du Liban impose cette procédure, le Liban ne sera pas officiellement représenté. Le Premier ministre a passé le relais au ministre Tarek Mitri, qui sera présent à titre « personnel ». M. Lahoud accuse la France. Dans un communiqué il fait savoir que « la Roumanie aurait dû respecter les règles mais elle s’est malheureusement soumise aux pressions du président Chirac qui agit selon des motifs personnels sans prendre en compte les profondes relations libano-françaises ». Motifs personnels ? Le 23 juin dernier le ministre libanais des Affaires étrangères a adressé un courrier à son homologue roumain l’exhortant à « à éviter l’exclusion injuste et personnalisée du Liban à ce sommet ». Comment expliquer cette mise à l’écart, qui ne doit rien au hasard ?

Trois pistes d’explications sont avancées. Du côté français, le Quai d’Orsay et l’Élysée ont démenti avec la dernière vigueur avoir joué un rôle quelconque dans l’éviction du Liban. On ajoute qu’il paraît compréhensible « que la Roumanie ait souhaité inviter le Liban dans des formes qui mettent l’action de la francophonie en conformité avec les décisions de l’ONU ». C’est que la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies appelle à une élection présidentielle libre et juste au Liban. M. Lahoud ne porte pas aux yeux des occidentaux l’aura de la légitimité.

Dans l’entourage de M. Lahoud, on oppose la présence du chef de l’Etat libanais à l’assemblée générale de l’ONU il y a une semaine. On soupçonne surtout, à voix haute, une manœuvre destinée à faciliter l’entrée d’Israël dans l’Organisation internationale de la francophonie (idée dont le président français s’est fait l’écho en 2004), et on montre combien le « lobby » franco-israélien est soutenu par le Premier ministre canadien, et par certains pays arabes. On est presque certain enfin que c’est le masque d’un renforcement du commerce d’armes ; « Le marché très juteux des armes de guerre avec Israël [...] vaut bien quelques tours de passe-passe derrière le dos de la Francophonie », lit-on dans la L’Orient-Le jour.

 


Moyenne des avis sur cet article :  4.2/5   (10 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON




Palmarès